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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 12:40

 

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C'était un Dimanche de neige, à New-york la Garenne. Les flocons guirlandent le ciel, le parterre blanc, éblouissant, défie la grise mine des cieux. Deux petites silhouettes emmitouflées jouent sur le parvis, les boules de neige explosent de joie, les gamins se glissent de rire. Pas un bruit ...L'air glacé secoue mes pensées endormies. Couètude ou cinéma...en ce dimanche d'exception, tout blanc.  Cinéma d'abord.

 

Megarama pour un mega film. Grande salle, salle 1. Surprise, nous sommes une grappe dans une salle immense. Habituellement la grande salle, réservée aux  films à succès garanti, est bondée, particulièrement le dimanche en début d'après-midi. Et notre stratégie est de feinter avec les porteurs de pop-corn, fuir ces crissements  sous la dent, qui brisent notre cocon du cinéma rêvé. Ce jour là, c'était royal, grande salle, sans dérangement. 


Dès le générique,  Django, (en manouche " je me réveille") nous a enchaînés à notre siège.

A l'origine Django est un western italien réalisé en 1966   par Sergio Corbucci, auquel Tarantino rend hommage. Considéré alors comme un des westerns les plus violents, la version de  Corbucci ressort actuellement dans les salles.


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Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave. Au travers du lien qui va se nouer entre eux, le film confronte la pensée primitive, archaique des WASP (white Anglo-Saxon Protestant) à celle incarnée par Schultz, façonnée d'intelligence, de sensibilité, d'intégrité. Tarantino revisite l'histoire des Etats-Unis à l'aube de la guerre de sécession, particulièrement, l'organisation politique et sociale des Etats du Sud. Son propos dénonce avec brio l'esclavage, mais il va plus loin. Il nous renvoie à la violence d'Etat, casse le monopole de la violence blanche légitime et met fin à la mythologie raciste qui fait des méchants Indiens les seuls ravisseurs des épouses des gentils cowboys, oubliant les esclaves noirs dans l'arrière-scène des champs de coton. 

 

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Tarantino dérange, il explose tous les codes, brise les monopoles culturels pour se les approprier et en faire un "trouvé-créé " tarantinesque.


Le réalisateur Spike Lee, s'est offusqué à l'idée de voir un blanc filmer un drame noir, l'esclavage servant de toile de fond à un western spaghetti.

 

Django, comme les précédents films de Tarantino ne peuvent faire consensus. Le réalisateur transgresse les frontières des genres, des styles, des mythologies, de l'histoire et crée un objjet insolite, éclectique qui bouleverse nos repères. Son talent consiste à fusionner des styles culturels sans que ne se produise une confusion. La musique du film reflète ce syncrétisme culturel, la musique d'Ennio Morricone précède ou suit sans transition celle des rappeurs Rick Ross ou 2Pac, dans une harmonie étonnante.


"Tarantino passe au mixeur toutes les composantes de sa société  afin d’en finir avec les injustices culturelles, les rancoeurs sociales et les amertumes mémorielles qui la minent. Les méprisés du 7ème art obtiennent enfin leurs lettres de noblesse. Juives dans Inglorious Bastards, noires dans Jackie Brown ou dans Django Unchained, les minorités opprimées  peuvent désormais se livrer à une juste vengeance en traversant les siècles, punir leurs bourreaux et réécrire l'histoire officielle à l’encre sanguinolente de leur frustration séculaire. Les réprimés n’ont plus à subir, impuissants, la violence des groupes dominants : à chacun de prendre son flingue ou de dégainer quelques envolées oratoires bien ciselées pour rétablir la justice, la vérité et son bon droit. Loin d’être des stigmates identitaires, la violence et la parole sont, dans le monde tarantinien, donnés en partage… Ce monde chaotique mais libre et égalitaire, les pionniers américains du XIXème siècle l’ont sans doute rêvé. Quentin Tarantino, lui, n’a de cesse de le mettre à l’écran. " www.zerodeconduite.net

 

Du grand cinéma, sur tous les plans : L'interprétation excellente de tous les acteurs, la construction narrative, l'image somptueuse, tant des paysages que des scènes d' explosion de violence, la musique, la psychologie des personnages dans toute leur complexité, leur ambivalence.

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   Dès la première image, je me suis plongée  dans cet univers, et resortie gonflée d'enthousiasme. Je n'ai aucune réserve sur ce film, même concernant la violence des  scènes de flingues, qui déroulées comme une chorégraphie e

ndiablée, oscillent entre tragédie et dérision.

 

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Tarantinesque, certes ce film l'est...


LN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 22:00

Me voici en cette journée très hivernale au Musée Jacquemart-André pour un voyage avec  deux maîtres de Venise, Canaletto et Guardi. Un éblouissement vénitien pour une amoureuse de Venise et une passionnée de Venise. 

 

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Canaletto


"De tous les védutistes qui s'attachent à immortaliser Venise, Canaletto et Guardi s'imposent comme les deux figures majeures. Le premier établit avec brio les règles d'un genre que le second reprendra en leur imprimant son propre style. Lorsque l'un disparaît de la scène vénitienne, l'autre se révèle, plus émule que rival." Connaissance des Arts 


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Guardi


L'exposition est conçue comme une mise en miroir des oeuvres des deux peintres, une étude comparative où il n'est pas toujours évident de distinguer de qui Canaletto ou Guardi est l'auteur du tableau. 

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Canaletto

 

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Guardi

 

Deux  genres sont distingués,  la veduta et le capriccio.

La veduta est un thème figurant des vues de la vie quotidienne à Venise. Conçues comme des cartes postales, elles sont destinées à rappeler des moments heureux  aux aristocrates anglais qui venaient au 18ème siècle faire le Grand Tour, celui de Europe où Venise, au même titre que Florence , Rome ou Naples est incontournable.  Venise, à cetet époque,  vit un déclin économique et politique, conjugué, paradoxalement, à un grand rayonnement culturel.

 

Antonio Canal, dit Canaletto (1697-1768) est un peintre d'origine hollandaise. Canaletto a un goût pour les détails, une grande attention à la composition et un sens de la perspective qui donne une profondeur soutenue à ses toiles. La place Saint- Marc, lieu emblématique de la ville sera un de ses sujets favoris.

 

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Canaletto

Francesco Guardi (1712-1793) reprend des effets de clair obscur et des tonalités brunes inspirées des oeuvres de jeunesse de son maître. Il affirme plus de liberté, initiant de nouveaux modes d'expression. Les cieux se font plus sombres, les personnages et embarcations prennent plus d'importance dans la composition. Il utilise des contrastes lumineux, une palette chatoyante et développe un  goût des effets atmosphériques. En cherchant à capter la vibration de la lumière et ses reflets sur les façades, il déforme le réel pour figurer une Venise rêvée. Contemplative devant ses tableaux, je suis fascinée par cette luminosité rosée aux reflets d'argents qui donne une atmosphère veloutée. Il s'agit pour lui moins de décrire Venise que de magnifier l'étendue du ciel dominant les eux mouvantes de la lagune, un de ses thèmes préférés. 

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Guardi


 Canaletto et Guardi vont développer un goût pour le capriccio , appelé caprice,  un nouveau genre dans lequel un lieu est orné d'édifices imaginés, conférant au peintre  la liberté d'esprit et la fantaisie propres à  l'art  baroque. 


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Canaletto

 

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Guardi

 Au 19ème c'est par les yeux de Canaletto et Guardi que les écrivains et peintres voient Venise. Les oeuvres de Guardi, Bellotto (neveu de Canaletto),   seront jusqu'à la fin du 19ème  vendues et répertoriées sous le nom de Canaletto. 

 


J'ai retrouvé la magie,  ressentie dans les bras lagunaires de la Sérénissime. Je me suis régalée, de ce détour  en gondole, sous une lumière douce, feutrée et rosée. Un moment magique comme mes séjours vénitiens...


Cette exposition se termine Lundi 21 janvier, mais Canaletto à Vensie au Musée Maillol a lieu jusu'au 13 février. Autre possibilité, à l'occasion d'un séjour  Londonien je vous incite à admirer les Canaletto dont la Couronne d'Angleterre  possède la plus importante collection de par le monde.  

 

Au fil d'une gondole...

LN

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 20:40

  HOOPER a coté

 

  La rétrospective, au Grand Palais, des oeuvres du peintre américain Edward Hopper (1882-1967),  est une très belle exposition, qui dévoile la diversité d'oeuvres moins connues, aquarelles, gravures, illustrations.


  J'ai attrapé au vol les dernières places, remises en jeu sur le web. Les grandes expositions parisiennes sont devenues si attractives, si "foulesques"  que j'ai développé une agilité et une allure stratégique pour pouvoir, malgré la foule, contempler l'oeuvre exposée. M'y fondre, cela devient impossible par le bruit, le son déformé des audio guides, l'agglomérat des spectateurs statufiés, pendus aux lèvres du conférencier qui émet un son inaudible pour les électrons libres, comme moi. Au musée le savoir ne se partage pas, il se paye ou s'en-vole.

Rusée comme une grenouille, je pénètre dans la première salle où la biographie du peintre couvre le mur. Je prends les tableaux à contre-courant, mon parcours est aléatoire, contournant les grappes de gens, agglutinés. 


 Ce qui me fascine chez Hopper, c'est qu'il part du réel pour mieux le dépasser. Il confère au réel un effet d'imaginaire. Les détails sont réalistes, mais l'ensemble ne l'est pas. Le peintre représente une ambiance qui apparaît typiquement américaine mais qui se révèle universelle dans les aspects de la vie moderne et de ses ruptures. Il pose sur le monde un regard aigu en peignant le tragique du quotidien, met à nu le grotesque de la condition humaine. Il dénonce  l'uniformisation de la société Américaine  des années 20,   l'aliénation de l'homme sous l'effet du divertissement généralisé, la banalisation de la consommation effrénée, l'étourdissement de l'individu, toujours en tension dans un monde suspendu, celui de l'attente. Les personnages sont seuls, même en présence de l'autre. Leurs regards se perdent dans le lointain, se croisent  sans se rencontrer. J'entends ce commentaire: " Il n'y a aucune connexion entre les gens. Chacun est entouré de vide". Les décors  se ressemblent: chambres d'hôtels, bureaux, maisons. Les intérieurs sont dénués d'âme, ternes.

 


  Son regard porté sur les paysages nous amène à l'expérience de la frontière, la rencontre de l'homme et de la nature à la limite de la civilisation.    

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Lighthouse Hill - 1927

 

"Le mythe du parcours sans entraves de l'espace libre de la nature se mue en raidissement et perte de l'orientation ou est traversé par un symbole de la civilisation, passage à niveaux, rues, station essence..." (Hopper, éditions Taschen, Rolf G.Renner).


essence

Gas-1940

 

  Hopper écrit "[...]Mon but en peignant est toujours d'utiliser la nature comme un intermédiaire, de m'efforcer de capter sur la toile mes réactions les plus intimes face à l'objet tel qu'il apparaît quand je l'aime au plus fort. [...] Dans l'évolution de chaque artiste on retrouve toujours le plan de l'oeuvre tardif, dès ses débuts. Le noyau autour duquel  l'artiste bâtit son oeuvre, c'est lui même; c'est le moi central, la personnalité, peu importe comment on la désigne et elle se modifie peu de la naissance à la mort. Ce que l'artiste a été il l'est toujours avec de légères modifications."

 

 

 

  Deux gravures magnifiques d'Hopper, inondées de lumière, par le travail de l'intensité et de l'orientation du trait.


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Night Shadows 1921

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  The cat boat - 1922

 

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Sun in an empty room - 1963

 

Et pour conclure, en hommage aux artistes, une phrase d'Augusto Boal (1931-2009), brésilien, écrivain, metteur en scène, fondateur du Théatre de l'opprimé :

" L'artiste est celui qui voit ce qui saute aux yeux et que les autres ne voient pas."

 

Si vous aimez Hopper, et surtout pour ceux qui ont manqué ce rendez-vous,  je vous conseille le petit catalogue de l'exposition, format italien, très  bien composé.

 

Bonne visite

 

LN

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 11:28

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Je vous ai déjà parlé de ce jeune auteur Suisse, Joël Dicker,  dont j'ai fait l'éloge du second roman, "La vérite sur l'affaire harry Quebert", récompensé par le Grand Prix du Roman de l'académie française, et le Prix Goncourt des lycéens 2012. 

 

Comme promis, je poursuis la découverte de cet écrivain dont je viens de terminer le premier roman "Les derniers jours de nos pères", pour lequel il a reçu le Prix des écrivains genevois, en 2010. L'univers est très différent. Plutôt rebutée par les récits de guerre, c'est  avec une certaine réserve que j'ai abordé ce livre, pour finalement y trouver beaucoup de plaisir et d'intérêt.

 

L'action se déroule en 1940, entre Londres et la France.  L'histoire suit les étapes d'entraînement et les expéditions d'un groupe de stagiaires,  qui vont s'engager dans le Special Operation Executive (SOE), une branche des services secrets britanniques,  chargé de mener des actions de sabotage et de renseignements à l'intérieur des lignes ennemies, et dont les membres sont issus des populations locales pour être insoupçonnables. A l'issue d'un entraînement très dur, onze d'entre eux vont être retenus, dont une femme. Les personnages sont très bien situés, dans la description de leur apparence physique, leur caractère, leur personnalité, leurs rapports de fraternité, de rivalités,  leur vision du monde, de la guerre, ainsi que leurs interrogations sur le sens de leur engagement, dont la réponse, unanime du groupe, revient comme un refrain.

 

" Pour que les Hommes restent des Hommes."


La construction, le style, donnent une grande fluidité au récit. L'auteur, avec habileté, tisse l'action, l'intrigue avec des éléments sur l'intériorité de chacun des personnages. On retrouve les figures classiques de héros, de repenti mais l'auteur a su y associer des figures plus originales, plus a-typiques qui donnent une  consistance originale.  La seule femme, Laura, combative comme les autres, mène les attentats avec "élégance". Fédératrice du groupe, elle est  celle auprès de laquelle chacun  vient trouver réconfort. Plusieurs en tombent  amoureux , en secret, et tous veulent la  protéger.

 
La vie de ce petit cercle d'amis, soudés par les épreuves, nous tient en haleine, tout au long du récit. Mes seules réserves concernent le ton des relations Pères-Fils, parfois un peu lyriques, presque simplistes.

 

Un auteur à suivre...

 

Bonne Lecture

LN

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 18:00

 

SAUVAGE

 

"Les Bêtes du sud sauvage" est le premier film du réalisateur américain Benh Zeitlin, avec Quvenzhané Wallis (prononcez Quoivenjané)  dans le rôle de Hushpuppy, petite "caïd" âgée de  6 ans, intrépide, enfant des bayous.


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Cette actrice amateur, retenue parmi 4000 auditions, avait 2ans quand l'ouragan Katrina a dévasté le sud de la Louisiane, noyant plusieurs quartiers de sa ville, Houma, sur le delta du Mississipi.  

 

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Le Bayou, la Louisiane, L'Arche de Noé, le Radeau de la Méduse... Certains citent même en référence Tree of Life, ou encore un conte de fées. J'y vois plutôt la perception d'une petite fille, qui navigue entre le réel et son imaginaire. Les Aurochs, figures mythiques, terrifiantes, vont personnifier ses frayeurs, qu'elle finira par apprivoiser.

 

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Parabole métaphorique sur les oubliés d'un territoire, rattaché à nulle part. Dans un paysage de désolation, alors que le réchauffement climatique provoque des débordements du fleuve, une petite communauté tente de survivre dans des bidonvilles, ou à bord de radeaux de fortune.  Les habitants,  opiniâtres, font face aux tempêtes dans cet univers sauvage et brut, où la nature est encore maître des lieux. 


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Loin d'être un conte,  le film ne nous épargne pas la violence de la nature, des hommes, de la survie. Hushpuppy nous guide, nous rassure sur sa capacité à vivre là, soutenue, initiée par cette communauté de naufragés. Ce moment magique du cinéma, au-delà de la figure très attachante de cette petite fille, est une belle illustration de solidarité, de dignité préservée, de la joie aussi d'être ensemble face à l'adversité, à l'inhumanité de "la société bien pensante, bienveillante pour maintenir l'ordre social".


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Ce récit poétique, philosophique, ravive nos questions sur l'origine du monde, notre passage ici-bas,  notre rapport à la terre nourricière, notre rapport au monde, aux autres et à nous-mêmes.

 

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Je passe la parole à Hushpuppy :

" L'Univers marche quand tout est à sa place.

Si un morceau se casse, même un tout petit morceau, tout l'Univers se casse.

  Je vois que je suis un tout petit morceau d'un grand Univers."


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Ce début d'année me semble  un moment opportun pour changer de rive, aller voir au-delà de la digue, le temps d'un film puissant d'émotions.


LN & Charlie

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 16:20

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Sous la  Neige,

une étoile

  de Cristal.

 

 

Sous la Glace,

nos visages double face,

scotchés

au temps qui passe.

 

 

Sous les Masques,

  notre image

  in air.

 

 

Sous nos Murmures,

 nos grains de folie

  éclosent.

 

Sous la Voûte planétaire,

germent

nos Idées hautes.


 

Sur le Reflet

de l'An demain,

devinez qui vient dîner chaque soir

Des espoirs...

 

LN

 

 

Après la chavirée 2012

Embarquons pour 2013

 

Bonne Année à tous les visiteurs, passeurs, passants, amis, hôtes, écriveurs, blogueurs et blagueurs... 

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 11:00

 

 

 

Un bruissement d’elles,  Jean- Etienne vacille.

2ème  partie

 

Dans le silence  cauchemardesque d’un sommeil intermittent, il chute au cœur du Noir de son âme et s'écorche aux parois de l’absence. Surpris par l’ombre de son existence, dans le vide profond de la nuit menaçante, il médite  cet arrêt sur image, reflet  du chapelet égrené des jours qui se suivent et se ressemblent.

 

Demain, Lundi, une énième copie, à l’identique, de cette image si répétitive, qu’elle en devient  froissée, les couleurs passées. Dans le décor papier glacé de son entreprise, il trébuche sur l’escalier de son ascension sociale, reste assis sur la marche du présent. Prendre l’ascenseur des cadres de l’entreprise, à quoi bon. Les étages défilent sans que quiconque prenne le temps de vous considérer. Depuis quelques mois, son humeur est devenue vagabonde, son esprit a adopté une flânerie quotidienne sans qu’il pût la maîtriser. Il s’en étonne, habitué à ne pas s’égarer. Forgé à la maîtrise  d'une attention toujours soutenue, une concentration sans faille, une obstination dans l'effort.

 

Mais nous sommes dimanche, vingt quatre heures avant ce remake.

 

Il se prépare dans une fébrilité dominicale, submergé  par l’angoisse de perdre une seule minute, celle de Jules.

Il sort, au hasard du vent du sud. Ses semelles de crêpe tapent le goudron déjà chaud, presque moelleux. La tranquillité des rues désertes attise ses pensées inquiètes. Il reconnaît  la question lancinante de son devenir. Poursuivi par ses propres démons, il se réfugie dans cette librairie qu’il fréquentait autrefois. Il  ne lit plus ou si  peu, la presse du matin, le parisien sur le comptoir de son café. Pourtant, autrefois, il a navigué sur les flots de la littérature,  Charlène tenant la barre de leurs lectures partagées. Les fantômes de la crypte de ses 20 ans le font frissonner. Il regarde, sans comprendre, ces livres offerts à sa curiosité. Il devrait être attiré par l’un d’entre eux. Il se sent froid, hagard. Les clients absorbés, feuillettent l’objet, le posent, en reprennent un autre, se décident. Il est ailleurs. En quittant la boutique personne ne lui prête attention.

 

Charlène l'a séduit au fil de leurs rencontres. Sa respiration s’accordait  à la sienne, naturellement. Il eut  peur de s’en arrêter là, à l’une, parmi toutes les autres. Alors il lâcha le fil.

Tournant les talons, il décide de provoquer le destin, reprendre la main, retrouver le fil rouge qui lui a échappé. Il entend encore ce voile mélodique qui a couvert une seconde, le brouhaha de la place  « … Je passe tous les jours par ici. Sur les pavés, ça roule … ». Place de la comédie, il ne peut pas louper ce roulis, inhabituel, sur le parvis.

Les passants s’affairent, dans une chorégraphie désordonnée, tous en direction du marché du dimanche.  La  terrasse du café, exposée au soleil, est presque déserte. Quelques jeunes filles attablées, gloussent, jeunes écervelées, légères. Cela le fait sourire.

Un jour à tuer, pour un weekend désœuvré. Un ciné, voir son frère, rien d’autre. Une heure durant, il assoupit sa raison, retrouve le flottement léger d’une pensée inconsistante, familière, attentif aux silhouettes passagères des femmes. Il savoure les parfums, les déhanchements de ces silhouettes graciles, captives de son regard, pour une seconde d’éternité. Ses tensions s’apaisent, son corps se détend, son dos s’arrondit, il rallume son grimaçophone, dégaine sa première cigarette.

11H 35. Exceptionnellement, il commande une Suze glacée. Le soleil arrive péniblement à se glisser derrière les brumes de ses états d’âme. Il renonce à Charlène, momentanément. Il reviendra la guetter.

 

Je l’ai tout de suite reconnu par son allure, élégante. Il a changé, s’est assagi. Il a troqué son  enthousiasme excentrique pour un air atonal.   J’ai vacillé du haut de ma fausse  assurance. J’aurai tant voulu le serrer dans mes bras. Pourquoi nous ne nous sommes jamais revus durant plus de 20 ans, dans cette même ville. Le destin est étrange. 

 

Il tourbillonne autour de son ego, son moi qui l’envahit. Nostalgique d' après-midi buissonnières, il se dirige vers le café de ses années Lycée Sous les pavés, la rage.   Amar, le patron du café,  les appelait  les Panachés.  Il était si fier de son bistrot, Amar. Il s’attablait avec eux et parlait littérature. Il y a une dizaine d'années, Hugo, le bout en train de la bande a réuni, chez Amar, tous les anciens pour les retrouvailles d'un soir. Seuls quatre d'entre eux  avaient répondu à l'appel. La soirée s'était prolongée jusqu'au petit matin, ondoyée par les récits d'Amar.  Intarissable,  il contait les histoires de ces égarés, venus trouver refuge, chez lui: une pause, une bière, le temps de se refaire, avant de reprendre leur destinée. Ce soir là,  un soir de désespoir, ivre, Matt, un jeune soldat, a déposé, ici, en cet instant,  les oripeaux de ses cauchemars d’Afghanistan. Petite virée en Europe avant de repartir au front, disait-il. Amar a tenté de le dissuader « Baisse les armes, mon petit, la vie est trop belle pour que tu y renonces.  « Il savait lui ce que c’était, il l’avait fait cette putain de guerre, chaque nuit une goutte de sueur, une boule dans sa  gorge comprimée  lui rappelait l’horreur. Les anciens  Panachés avaient écouté religieusement le carnet de voyage de Matt, entendu le bruit des tirs, compté ses cartouches, avaient perdu la parole. Fascinés, effrayés, sans voix, ils se perdaient dans le regard profond de ses yeux bleus esseulés.  Et Jean- Etienne avait rompu la gravité, par une ritournelle, comme il savait le faire.

 

C'est la seule fois où la bande des anciens lycéens se sont retrouvés. Depuis il n'y est plus retourné. Il a enterré, enfoui sous ses trappes psychiques, tous les  souvenirs de cette période. Il sent que ses plaques tectoniques intérieures se fissurent, sous les pavés de ses émotions, sa terre tremble, une brise nouvelle souffle dans ses tempes.

 

Le café est fermé le dimanche. Façade repeinte, le nom a changé " Au fil des jours heureux". Il renonce, rebrousse chemin.

 

13h:  Les gens du dimanche déjeunent en famille. Lui, ce sera le plat du jour, Place de la Comédie.

Il entend au fin fond de son dessert glacé, le roulis sur les pavés.   D'un regard vif il embrasse la place. Il la devine sous les ombrages des arbres. Elle n'est pas seule, accompagnée d'un homme, élégant, penché vers elle.   Il se lève , attend de croiser son regard, lui adresse un signe, qu'elle lui rend. L'homme l'embrasse, s'en va. Elle roule vers lui. Il vacille alors d'une émotion dévastatrice, inconnue.

 

- Bonjour Charlène

- Bonjour…Un café s'il vous plaît …

- Tu as un peu de temps pour bavarder

-Oui j'ai été très occupée ces derniers temps. Beaucoup de boulot, peut-être  un tournant professionnel. Je ne sais pas, je veux pas m'emballer.

- Ah c’est-à-dire…

- Tu sais je travaille dans une boite de production. Ils ont participé au film "De rouille et d'os" et ils avaient besoin d'un coach pour Marion Cotillard. Lui apprendre le fauteuil, le manipuler, danser avec, vivre les actes de tous les jours, à mobilité réduite. Lui permettre de faire comme si. Elle est incroyable, elle s'est vite laissée habiter par le personnage. Et toi…

 

- Moi rien de spécial. Je t'attendais.


Sur la pupille de cet instant, il renonça pour toujours à son grimaçophone.

 

Fin

LN

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 20:57

 

 

Un bruissement d’elles,  Jean- Etienne vacille.

1ère  partie

 

 

D’où lui vient cette élégance imprimée sur ses doigts effilés. Efféminées, ses mains semblent s’être protégées de leur fonction première, héritée de ses ancêtres,  l’art de la ferronnerie. Seul garçon de la famille, Jean-Etienne était promu à reprendre l’affaire familiale, une ferronnerie d’art  renommée pour son savoir faire, sa créativité, pour ses ornements  architecturaux uniques, ferronnier de père en fils. Les rythmes  de son enfance s’accordaient au martèlement du fer, la tonalité de ses après-midi buissonnières ruisselait du rouge des braises du four. La devise promulguée par ses aïeux se résumait au  travail bien fait, suer à la tâche devant les fourneaux. Il avait ingurgité le mandat paternel comme un plat qui se mange froid. Il avait décidé de se faire tout seul. Il avait quitté définitivement  la ferronnerie, sans se retourner.

 

Comme chaque jour, il flâne dans les rues de Montpellier, après en avoir fini avec tous ces clients encombrants. De  longues jambes fines, halées descendent vers lui. Il s’arrête, adresse un sourire au visage profilé à l'horizon. Il ferre les femmes comme des proies. Une brisure de parfum le traverse. Les yeux fixés au sol, sa prise passe, indifférente. Cet affront le cisaille, comme une entaille suintant le déni de son existence.

 Il sait pourtant  que la rue n’est pas un territoire propice à la chasse.  S’aborder dans la rue, à ciel ouvert, sans limites, point de cadre  pour s’installer, chacun en mouvement vers son propre ailleurs, échec et mat à coup sûr. Le décor anonyme prête à la confusion des styles. Ambivalence, on s’attire, on se dérange, on s’évite…

 

Les terrasses de la place de la comédie, son terrain favori, l’accueillent comme un habitué. Assis, seul, tranquillement, il commande une Suze glacée. L’été indien de septembre  permet encore de rester dehors. Les jambes des filles toujours nues, exhibent les empreintes du soleil d’été,  et leurs simples courbes accentuent son désir.  Il les dévisage, les met à nu, les trie, les départage. Très discrètement, d’un regard en biais, par en dessous, ou légèrement déplacé à l’horizon.

 

Entouré de femmes depuis son plus jeune âge, il les méprise  tout en vouant  une dévotion à l’esthétique du corps féminin dont il a depuis longtemps détaillé les coutures et façonné ses préférences. Un corps longiligne,  des jambes fines mais galbées, une poitrine généreuse et ferme, une taille accueillante, charnue mais sans aucune parcelle de graisse apparente.  Le mannequin n’est pas  son modèle absolu. Trop maigre, trop soumise à la froideur plastifiée des magazines, comprimée dans des vêtements excentriques.  Il les veut  sensuelles, susceptibles de se laisser prendre aux excès de jouissances libertines.

 

Sa dernière conquête remonte à plusieurs mois. Pour la première fois, c’est la femme qui a rompu leur pacte implicite. Partie sans ciller, elle  l’a abandonné, l’a  laissé choir. Depuis, chaque matin, devant sa glace grossissante, il doute.  A y regarder de près, il accuse mal la quarantaine. Ses cheveux bouclés sont moins épais, son joli teint halé ne cache plus les ridules ondulantes  de ses tempes et  les sillons sur son front. Ses pommettes deviennent  moins saillantes. Scrutant les détails visuels de son épiderme distendu, il vacille  dans les interrogations de son existence. Tentant en vain de taire toute pensée sur le sens de  sa Vie, une question lancinante s’impose à lui, de plus en plus souvent et à n’importe quel moment. Cette interrogation obsédante le déstabilise. « Qu’ai-je bien pu faire de mon existence ? Quelles sont ces vagues sur lesquelles j’ai brisé tout ce temps ? Quelle est la bonne direction… ».

Il s’évertue à garder le contrôle de lui même. Il a appris cela fort bien, durant  sa formation de commercial. Gérer les conflits, gérer ses affects. Ses collègues viennent le chercher en urgence, dépassés par des remontrances et des plaintes. Parfait dans ce rôle, les clients les plus  agressifs, avec lui, s’apaisent, renoncent à leur vindicte.

 

L’univers de son enfance, ses sœurs, sa mère et sa grand –mère doivent y être pour quelque chose. Toutes ces cancanières de filles, ces pleureuses lancinant des psaumes de jérémiades, l’ont toujours laissé de marbre. Son bouclier a comme armoiries  son faux sourire, esthétique, imperturbable,  désarmant.

Depuis son jeune âge, devant la glace de la salle de bains, parmi tous les flacons et pots de crème, il s’est entraîné. Des heures durant il a répété ces mimiques et pantomimes. Il s’est construit un répertoire d’expressions, un grimaçophone, son secret, partagé avec son seul confident, connu de lui seul. Il s’agit de  son frère, mort bien avant qu'il puisse s’en souvenir, il avait à peine deux ans. Toute sa  confiance s’incarne auprès de ce  cher  disparu. Ce personnage,  pour lui imaginaire,  lui ouvre tout espoir.  Chaque semaine, sa flânerie le mène au cimetière des blanches. Assis sur une pierre en forme de siège, fossilisée devant la pierre tombale, calée dans la terre,   il reste à soliloquer, sans que personne ne le voit, ni le soupçonne.

 

Depuis presque une  année, un flottement intérieur émousse son assurance et  sa désinvolture.  La première fois qu'il s’en rendit  compte fut la soirée ennuyeuse, à l’occasion  de l’anniversaire de sa sœur aînée. Dès qu’elle l’eut considéré comme un homme, elle prit soin de lui trouver des nouvelles conquêtes affriolantes,  « …pour une aventure sexuelle, uniquement. », lui avait il précisé. Elle a à charge de prévenir les prétendantes. Toujours reparti accompagné de l’une d’entre elles, parfois celle qui n’était pas l’élue présumée, ce soir là, il avait dû se résigner à vibrer seul.

Son approche méthodique, calculée, lui a toujours valu un succès absolu. Il orchestre sa mélodie toujours sur la même gamme. Opérant son premier octave, un  sourire franc affiché, il entame un phrasé d’une  attention soutenue dans les premiers échanges, pour enchainer sur le rythme percutant des questions. Sa figure de style consiste à  retenir les informations dont il va se servir pour piéger sa captive.   Chef d’orchestre de la sérénade, il ne parle pas de lui, il s’invente une existence rassurante : marié ou  divorcé sans histoire, toujours dans de très bons rapports avec son ex, père d’un enfant « adorable » qui compte beaucoup pour lui.   La parentalité est une des notes clefs pour les amadouer.  Être père d’un seul enfant rassure les femmes et suppose qu'il pourrait accepter d’en avoir un second. Les femmes, même dans une relation furtive, doivent pouvoir croire que l’amour naîtra, que tout est possible. Il sait nourrir leurs fantasmes romantiques ou d’amour, pour mieux les assujettir, qu’elles finissent par se  soumettre à son désir, qu’elles  se laissent  aller  à transgresser leur habitudes, à dépasser leur honte pour s’abandonner à des ébats sirupeux, pimentés, jusque là impensables pour elles. Garçonnet, en spectateur clandestin, il a participé aux confidences de la gente féminine familiale.  Baigné dans ce halo de doutes, de stratégies féminines, de rivalités, jalousies entre elles,  il a vite compris les enjeux d’un baiser pour la femme, et surtout du premier.

 

- Bonjour,  Jean-Etienne !

 -…………..

- Euh, tu ne te souviens pas ? Lycée Camille Claudel…C’est vrai j’ai changé… à mobilité réduite.

- AH ! désolé …j’étais dans mes pensées. Si, si bien sûr que je te reconnais, Charlène 2de 4. Les décennies nous ont rattrapé...

- Tu permets que je prenne un café

- Avec plaisir.

 

 Jean-Emmanuel et Charlène, les tourtereaux de la Seconde 4. Les inséparables se sont séparés un 21 décembre de l’année de leur terminale. Emmitouflés dans leurs passions fanées, enfouis dans une avalanche de reproches, de déceptions, la nouvelle année a dessiné sur l’écran de leurs 18 ans une passion amoureuse, d’une tonalité devenue fade.

Il remonte la pellicule de ses années lycée, un très beau film, têtes d’affiches excellentes. Qu'en reste-t-il ? Sa difficulté à s’enticher, s’amarrer, s’attacher à l’autre. Elle ne l’a ni trahi, ni trompé, elle a du écrire seule le dernier chapitre de leur histoire. Il aurait voulu dire…il s’était tu, son grimaçophone éteint.

   

-         Mais je  te dérange peut être. Tu attends quelqu’un…

-         Non, non pas du tout, je suis surpris, c’est tout.


Machinalement il commande sa deuxième Suze, le regard perdu. Il n’arrive pas à jouer son rôle, il n’est tout simplement plus là.


             -     De toute façon je dois y aller. Une autre fois peut être… Je passe tous les jours par ici. Sur les pavés, ça roule …

 

D’un geste rapide elle actionne le bouton électrique, fit tourner son fauteuil. Elle est restée très séduisante.

Il part sans finir sa Suze et prend le chemin du cimetière des blanches... Il vacille sur sa ligne d’horizon, fracturée.


  A Suivre, très prochainement...

LN

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 18:34

 

 

 

 

Le réveil secoue la cafetière qui gargouille. Fenêtre ouverte, sous ma couette,  ma peau aspire l'air frais. Les yeux lourds, les câbles de ma pensée se sont emmêlés, certains débranchés.

Matinale en diagonale, de travers.


J'ai anticipé le choix de la tenue de ce vendredi. En automate, je scratche, je zippe, je boutonne, j'écharpe, je lace, je bonnette, je gante et je ferme la porte qui n'en peut plus et refuse le tour de clef...Le joint calfeutre mais il faut choisir, fermer sa porte ou me la fermer. Et dans les brumes évaporées de ma logique,  j'arrache le joint à peine posé. Je claque la rebelle, elle cède. 

 

La nuit...toujours là.


Sous terre, les besogneux et les fêtards se jaugent. Les uns dévident leurs blagues, le Parisien ignore, taiseux.


RER. J'attends, je m'assoupis.


Un train s'arrête "Veuillez patienter quelques  instants".

 Deux minutes s'écoulent..

" Suite à un colis suspect je vous demande d'évacuer la rame"

Je regarde ces groupes déversés sur le quai. Colis piégé, explosion, rame, quai, même danger...Je n'y crois sans doute pas pour rester, là, immobile.

Une demie minute plus tard...

"Je vous demande d'évacuer le quai" .

Mes neurones se réveillent. J'emboîte le pas de la  horde, qui d'un pas désabusé, quitte  sa destination. Graine de sable dans la machine rodée, rouillée de nos matinales pressées, stressées, prévues d'imprévus, habitués d'inhabituels, las de tant d' entorses à nos rythmes calculés. 


Détour par le métro , feed back, en sens inverse...

Me voilà sur le quai Père Lachaise. La journée s'annonce, raturée , tâches d'encre sur ma page du vendredi, écrite si soigneusement.

 

17H30. Le ciel plombé m'a éclaboussé, la pluie a ruisselé sur mes pensées.


Fin de partie. la pluie s'est transformée en mélodie, le gris céleste en manifeste , mes antennes en capteurs d'énergie solaire.

 

Bon week end   

LN

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Published by tanamo - dans Etats d'âme
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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 20:15

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Brad, le beau, le talentueux, le fantasme le plus absolu ...Sa barbichette, ses yeux froncés, son sourire esquissé, son allure, son élégance, ses ridules sous les yeux. Tout y est mais le film est un navet, croyez en deux aguerris des films noirs...

 

Brad est en "pose-pause" tout au long du film, lissé, à peine présent, figurant. Dès le début, s'installe des longueurs, des dialogues qui n'en finissent pas, sans intérêt, vulgaires, enrobés de vide, et creux à l'intérieur. Quel ennui! J'attendais impatiemment l'apparition de Brad, celui qui me rend derviche. Toujours bel homme, classe. Hélas, inanimé, inhabité, transformé en une icône, pastiche.


Le film , cynique, tisse, sans y parvenir, la dimension politique de la crise à  une embrouille de mafieux, petits malfrats. L'histoire se déroule dans une ville, déserte, dévastée, maisons abandonnées, déchets dans des rues souillées. La  lumière est grise, verdâtre, à peine naissante sous une pluie battante, omniprésente. Les bars-tripots sordides, les personnages, paumés, toxicos sont insupportables, tout devient morne. Mais surtout il ne se passe rien, même pas une intrigue de série B. Sans suspense, sans l'ombre d'un mystère ou d'un doute sur le déroulement, le milieu, la fin. Cent pour cent sans. Les discours télévisuels de Barak Obama, lors de sa première campagne, ponctuent  un  récit pauvre. Un film vidé de sa substance.


 

Pour conclure, je vous invite à lire la lettre d'un critique de cinéma, adressée à Brad Pitt.

LN

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Published by tanamo - dans Culture
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