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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 19:30

A la croisée d'une propositon d'écriture et de mon séjour pas loin de la mer, voici ce que j'ai pu pêcher au fin fond de mon imaginaire.

 

20140226 143900

 

Pêche au Crime



Comme tous les jeudis depuis qu’elles se connaissaient, Maryline et Josette se retrouvaient pour un apéro « entre filles ». Maryline avait convaincu Romain de les laisser profiter de sa pêcherie, cette cabane montée sur pilotis, accessible par cet embarcadère d'où elle ressentait toujours la même hésitation, un léger frémissement vertigineux. Elle y venait pour aider Romain à remonter le filet, ce carrelet suspendu par deux arceaux au dessus de l'immensité. Arrivée la première, Maryline préparait l'inaugural rituel : sortir le vin, les deux verres, le cendrier, le tapis, les deux coussins. Assises sur le bord du ponton, sous l’auvent, les pieds se balançant dans le vide, elles trinquaient d’un verre de vin frais. Selon le temps, elles s’enroulaient dans un plaid écossais et leurs yeux fixés sur l'horizon, s'ouvrait alors la parenthèse à palabres.


Amies depuis le lycée, plus de 25 ans, chacune avait mené sa barque sur les bords de la Loire, au pied de l’arbre de vie familial, dont les racines étaient pour l'une nantaise, pour Josette vendéenne.


Josette qui n’avait jamais travaillé, élevait ses quatre enfants. Ses journées étaient rythmées par les cadences infernales de la mère au foyer. Préparer les petits déjeuners, accompagner ses enfants à l’école, matin, midi et soir. Elle affichait la fierté arrogante de se consacrer exclusivement à ses enfants. Elle rivalisait avec toutes ces femmes qui travaillaient, couraient, abandonnant aux autres l’éducation de leur progéniture. Se démarquant de sa mère qui l'avait délaissée au profit de son métier et de ses plaisirs, Josette jouait sa revanche. Derrière cette confiance apparente ses certitudes se fissuraient. Chaque jeudi, dans le secret du vent des dunes, elle se confiait à son amie, déversant un flot inépuisable de mots mêlés, brouillés par le souffle marin.


Arnaud, son époux, vivait au rythme de ses tournées. Routier, il sillonnait les routes de France parfois jusqu’en Espagne. Toujours parti, sacrifiant sa vie familiale, Josette claironnait qu’elle lui devait bien ça. Il assumait les factures, elle assurait les jours qui passent et son lot de petites tracasseries domestiques. A son retour, elle l'enveloppait d'une attention encombrante. Elle le questionnait, anticipait ses attentes avec empressement, le servait, tentait de l’intéresser à ses activités de la semaine, voire des mois précédents, aux anecdotes de la vie familiale. Elle remettait à jour l’actualité du bourg, enchaînant les chroniques sur le quartier, les voisins.


 En dehors de Marilyne et Romain ils n’avaient pas d’amis. Au fil des années, leur cercle amical s’était réduit par manque de temps, de disponibilité et par négligence. Josette savait que les relations s’entretiennent au risque de s’étioler pour disparaître. Elle prenait soin de préserver son amitié exclusive avec Maryline et les rendez-vous des jeudis en étaient la garantie. Depuis les trois dernières années, Arnaud s’absentait pour des périodes de plus en plus longues et régulières. Revenu au foyer, il ne faisait même plus semblant d’être attentif, présent à sa famille. Il quittait la pièce alors que sa femme lui parlait, montait le son de la radio quand les enfants se faisaient trop remuants. Josette s’était adaptée, avait renoncé aux années de bonheur qu'ils s'étaient tous deux imaginés lors de leur rencontre, il y avait plus de 15 ans. Elle avait adopté une communication minimaliste, utilisait des phrases courtes, lui posait des questions exclusivement pratiques. Arnaud à la maison, elle se dérobait à sa présence hostile en programmant des sorties, seule avec ses enfants. Elle percevait l'enlisement de sa relation amoureuse. En vain, elle s'ingéniait à croire au futur. Souvent, elle s'enlisait dans ses remords, ses rancœurs.


Chaque semaine, impatiente, elle attendait le rendez-vous avec son amie, une fine brèche dans le mur craquelé de ses espérances, qu'elle savait illusions. Elle pouvait tout dire à Marilyne. Elle lui racontait les choses de sa vie ordinaire, ses tracas, ses plaintes, l’espoir et le désespoir entremêlés de voir sa vie changer. Elle se laissait emporter par ses récits, les yeux rivés sur le tapis de sol océanique. Elle enchaînait des anecdotes ruminées, déversait son monologue insipide, sans un regard pour Maryline.


Maryline vivait avec Romain depuis deux ans. Ils partageaient les mêmes plaisirs du voyage, de découvertes, de rencontres, traversant leurs frontières familières à la moindre occasion. Maryline ne tenait pas en place. Infirmière, elle effectuait ses tournées dans tout le département. Elle envisageait chaque jour de son existence comme une mise en mouvement, un déplacement, un éloignement provisoire de son point d'attache. Elle aimait sillonner les routes, seule dans sa voiture, rêvassait au rythme de ses écoutes musicales, fenêtre entrouverte les jours cléments. Il lui arrivait de s'arrêter, quand son regard captait un instant suspendu, une ambiance qu'elle souhaitait capturer en elle. Au gré de ses haltes fugaces, elle s'imaginait vivant ici ou là. Romain sculptait le bois et réparait les bateaux.


Josette jalousait leur bonheur tranquille.


Maryline ne savait plus pourquoi elle se prêtait encore à ce rituel devenu insensé, pesant. Il n'y en avait que pour les jérémiades de sa copine de lycée, devenue si ennuyeuse, si envahissante et pathétique. Elle n’écoutait plus son amie, ne supportait plus son bavardage. Maryline laissait les mots de Josette suivre le vent, s’enfouir sous le sable. A son insu, elle s’installait dans l’écoute flottante du ressac de la mer, le regard perdu entre ciel et océan. Ses pensées naviguaient sur l’immensité marine, ce camaïeu bleuté sur lequel miroitait la lumière lunatique crépusculaire. Josette semblait ne rien soupçonner de l'inattention de sa vieille connaissance.


Néanmoins, Maryline appréciait ce moment où dans la sérénité du soir, la pêcherie devenait un havre de paix, une cabane fluviale, flottant sur la crête de ses rêves et de ses souvenirs.

Cela faisait déjà trois quarts d’heure que Josette avait entamé son soliloque, alors que Maryline n’était pas d’humeur ce jeudi 3 Octobre. Elle l’avait prévenue dès son arrivée.

- Faut absolument que je te parle de ce qui m’est arrivée au boulot cette semaine. Un truc incroyable.

- OK, avait répondu Josette, mais attends que je te raconte.

Et Josette s’était emballée, avait décliné ses plaintes une à une, ponctuées de soupirs. Maryline trépignait en son for intérieur. Elle éructait des "hm, hm", tentait de reprendre la parole. Elle ne pouvait plus l'entendre, l'écouter, lui parler. Elle la contraindrait au silence absolu, expressément.


Le vent se mit à souffler plus fort, la marée était au plus haut. A l’abri sous leur cahutte, leurs pieds tanguaient au dessus de la nacelle. Elle eut le temps de l’entendre lui dire "Au fait c’est quoi qui t’es arrivée ?".


Maryline la laissa sur sa question. Une seule poussée dorsale rapide et brutale, suffit à projeter Josette dans la nacelle. Maryline actionna le levier, d’un coup ferme et rapide. Le corps de Josette s’agita comme un crabe au soleil, avant de disparaître sous les vagues affamées de la tempête à naître. Maryline prit une grande respiration, alluma sa deuxième cigarette, finit son verre. Elle scruta l'horizon, enfin détendue, remonta la nacelle, de nouveau vide pour la prochaine pêche. Elle pensa, avec jubilation, à jeudi prochain où aux seuls Dieux complices, elle confierait ses tourments murmurés.


LN

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 10:02

 

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  Parmi les publicités  bruyantes de couleurs, de slogans, de tentatives d'accroche, l'affiche du film et le titre Ida, ont retenu mon attention. Une poche de silence, de lumière douce. A bas bruit, l'image de cette religieuse marchant dans la neige, m'a figée. En contrepoint de ma marche agitée, trop rapide, j'ai su que j'irai à la rencontre des pas feutrés d'Ida, dont je ne savais rien. Quel était ce film , qui semblait parler d'une autre époque,  d'une solitude perdue dans une saison froide...


Le  film réalisé par un auteur polonais,  Pawel Pawlikowski réunit deux actrices exceptionnelles,   Agata Trzebuchowska et  Agata Kulesza. Le récit se passe dans la Pologne des années 60. Avant de prononcer ses vœux, une jeune orpheline élevée au couvent part enquêter sur ce qui est arrivé à sa famille sous l'occupation nazie. Elle est aidée de sa tante, une juge communiste, seul membre de sa famille encore en vie.

Je ne vous donne pas plus d'éléments, pour aiguiser votre curiosité et ne pas briser le plaisir de la rencontre de ces deux solitudes.


J'ai été  troublée par  ce film, sa beauté cinématographique, la solennité de cette tragédie, la profondeur de ces deux personnages.  Très beau film, dans les prises de vue noir et blanc et  le cadrage étonnant, à contre-courant. Les visages des deux femmes sont fixés dans l'angle inférieur de l'image, sur un fond vide, ciel de brouillard, fenêtre ouverte sur un champ à perte de vue, un calvaire à la croisée de routes de campagne...

Ces portraits  révèlent d'autant plus la force de leur expression muette, leur émotion soulignées par leur  regard, leur moue, la vibration de leur peau. Un film minimaliste, où les  paroles échangées disent l'essentiel, les images épurées, austères dessinent la Pologne de ces années là,  et résonnent en écho  à la sobriété et au dénuement de la vie monastique.

 

 

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Au delà de cette esthétique épurée, le film m'a troublé dans  la rencontre de ces deux femmes, que tout oppose. Leur quête du passé, initiée en road movie,  fait trébucher leur existence, questionnant leur destinée, leur identité, leur choix. Elles vont se frotter l'une à l'autre, découvrir ce qui dans l'autre est une partie d'elle même, qu'elles ont  tentée d'oublier. 

L'une va se confronter à la question de son renoncement au désir,  l'autre au désespoir de son existence.

 

Bon film

LN

 

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 09:41

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Je remercie mes lecteurs d'avoir osé le Haïku.

Je vous fais partager cet éventail d'évocations,

de l'air marin,

du travail saturé,

d'un poète japonais,

du jour naissant, ...

 

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Avis de grand frais


Tous les bateaux restent au port


La fête aux merlus.

 

Dan

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La violence du vent


Enfle et nourrit la tempête


Moi, admiratif.

 

Dan

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Au boulot


c'est galère


aie.

 

Agnès

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Même sur l'oreiller de ses genoux


mon cœur reposait


sur ma personne.

Takuboku -poète japonais-
de la part de Carmen 

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Vent frais du matin

rayon de soleil timide -

mon coeur se réjouit...

 

m'annette

 

 

Quand le blog chatouille les âmes, les mots se font poésie...

Bonne journée

LN

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 12:08

Je vous propose une semaine de Haïku, forme poétique  très codifiée japonaise. Il s'agit d'un petit poème extrêmement bref visant à dire l'évanescence des choses. L'origine est  attribuée au poète BASHO (1644-1694), fils d'un Samouraï.  Il a dédié sa vie aux lettres.  Il apprend d’abord l’art du Haïku, puis fonde sa propre école à Édo (c’est-à-dire l’actuelle Tokyo) et revisite entièrement le genre. Il renonce ensuite à la vie mondaine et devient moine. Son surnom de Basho lui vient que devant son premier ermitage, un de ses disciples avait planté un bananier qui se dit « basho ». Les haïkus ne sont connus en Occident que depuis le tout début. Les écrivains occidentaux ont alors tenté de s'inspirer de cette forme de poésie brève. J'ai découvert avec enthousiasme le recueil d'Haïku , écrit par Jack Kerouac.

 

 

 

Soleil d'hiver

A Sotchi-

Arabesques de ski.


 

  LN

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Sous les oripeaux

Un naufragé dort-

La ville s'égare.

 

  LN

 

Vos intuitions du moment peuvent se tranformer en haïku du jour ...


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Published by tanamo - dans Ecriture
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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 21:42

 

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Dans le cadre d'un atelier d'écriture, j'ai poursuivi le dialogue d'un conte de Farid Ud-Dîn Attar, poète et mystique soufi, perse du 12ème siècle, qui raconte la rencontre entre la Mort et un vizir, "encore jeune, en pleine santé, efficace et honnête."

Cette rencontre effraie le vizir qui ne comprend pas pourquoi la mort lui donne rendez vous. Lisez, vous en saurez plus...

 

Ce soir à Samarkand


A la nuit tombée, le vizir arriva à l'orée de Samarkand. Le croissant de lune flirtait avec les étoiles, dans l'infini bleu du ciel. Il fixa intensément la voûte céleste, d'une pureté cristalline, invoqua Dieu, le priant de retarder son heure. Il s'égara sur la crête de l'horizon. La tempête naissante présageait-elle de sa fin prochaine. Les particules de sable, en suspension, tournaient comme une toupie, caressant les dunes lascives. Cette danse ocre le ramena à l'extase qu'il ressentait quand, dans le plus grand secret du sultanat, il magnifiait Omeya, le Derviche tourneur.

Il se sentit happé par un courant d'air froid. Elle était là, la fossoyeuse, fière, majestueuse, drapée, les bords de sa cape rythmés par le vent du sud, sec et chaud.


- Je t'observe et je me ris de ta frayeur. N'as-tu pas compris que je suis Nuit Eternelle, toujours là, où que tu sois. Je veille sur les hommes. J'apprécie leur valeur, leur utilité, je les considère puis je fais mon choix. J'interromps leur errance, je les libère de leurs souffrances, je capture les âmes des êtres vils et vaniteux. Je hante certains, je les visite dans leur sommeil jusqu'à ce qu'ils reprennent leurs prières. J'aime ceux qui m'apprivoisent. Je leur deviens familière. Ils finissent par m'attendre, souhaiter ma venue, pour adoucir leur dernier sommeil. Mais dis-moi, pourquoi as-tu pensé que ton heure était venue?


 -Je t'ai croisé ce matin sur la place, tel un frelon tu as voleté autour de moi un bon moment. Es-tu là pour escorter mon grand et dernier voyage?

D'une main hésitante, il effleura la cape, une vibration électrique suspendit son geste.

 Je requiers ta grâce. J'ai un message à transmettre à mes chers. Accorde-moi un dernier jour d'adieux.


- Tu 'as pas besoin de ma complaisance. Tu as encore de longues années devant toi. Je connais ton secret. Personne ne peut rien me cacher.

Le calife, si proche de toi, est inquiet à ton sujet. Il est venu à ma rencontre cette après-midi pour plaider en ta faveur. Je ne lui ai rien révélé. Ce sultan est un bon commandeur, garant de l'unité de la cité et de mes desseins. Et, tu es un conseiller sage pour diriger les affaires du royaume, mais peu éclairé et insensé pour les affaires de cœur. Ton regard audacieux est bien impertinent quand tu t'aventures sur les plis chatoyants de la tunique du derviche Omeya. Comment oses tu affronter les courbes de son corps en transe, les douces lignes de sa main, déployée vers le ciel, implorant la grâce d'Allah.

Je comprends ta fascination, ton trouble. Cependant, oublies-tu qu'il est un homme de sainteté.


- Admirer, regarder une âme illuminée d'amour serait-il un péché. Je ne peux me détourner de sa chaleur, ses yeux noirs m'envoûtent.

Il s'accroupit, en coquille, la colonne en arc, les yeux rivés au sol. Il poursuivit, ses mots dispersés dans le souffle tempétueux.

J'ai grandi, chaperonné par les danseuses de la cour, entouré de leurs écharpes moirées, aux couleurs chaudes. La soie fine et transparente de leurs étoles effleuraient mon regard, effeuillaient prématurément mes sens. Je veillais dans l'ombre des festivités du palais où se succédaient les serviteurs, les conteurs et les derviches tourneurs. La sensualité à fleur de peau, je m'initiais aux entrelacs amoureux blasphématoires. Je m'éclipsai avec mes amants, avec la connivence de mon second ministre. Aujourd'hui, je sais que tu peux entraver mon destin. Libères-moi de mon désir.


- Veux-tu déjà quitter ce monde. J'ai d'autres projets pour toi. J'apprécie le calife et à son insu, des complots se trament dans les jardins de Samarkand. Ta mère ambitieuse et vaniteuse a toujours dans l'idée de le destituer pour mettre Yznoud sur le trône. Cet incapable et cruel ministre. Quelle impudence. C'est sans conter avec Moi. Je pourrais lui régler son compte. Elle est l'opposé de toi. Stupide, insolente, irrespectueuse et fourbe.


- Je ne l'ai jamais aimé. murmura-t-il

 Sa voix reprit un rythme grave.

Stratège, elle m'avait promis à une jeune fille alors que j'avais à peine onze ans. Ce jour là, j'ai senti mes cellules se glacer, la honte m'envelopper. Ma mère me narguait de son sourire vulgaire, me tenait violemment par le bras, craignant que je me dérobe à cette mascarade. J'ai dû subir le face à face avec une belle, vêtu de mon accoutrement. Le calife m'a libéré de ce jeu de dupes, ces fastes indécents. Je lui en suis reconnaissant pour l'éternité.


- Tu ne crois pas si bien dire. Tu avoues que tu pourrais sacrifier ta mère pour sauver le calife. Laisse-moi faire. Ton impuissance à me contrer est trop évidente. Ne t'avise pas de l'oublier, cela te serait fatal. Mais reprenons le fil de cette nuit offerte, si belle, si fraîche.


- Le vent assourdit ta voix et me brouille la vue. Je distingue à peine ton écharpe rouge. Remettons à plus tard cette conversation. La tempête me fouette et je serai bientôt enseveli.


- Ne t'inquiète pas. Je te l'ai dit, tu verras le jour se lever demain. Je t'ai suivi au village pour vérifier les rumeurs à ton sujet. Si elles viennent aux oreilles du calife, tu auras la gorge tranchée et la paix du royaume sera menacée. Tes amants aussi. Moi seule peut décider de ton sort.


- Tu dis m'accorder de belles années d'existence. Mais quel en est mon tribut?


- Renoncer aux plaisirs de la chair et à tes penchants impurs. Je me charge de la punition divine, expiatoire de ton sacrilège. Ne sens tu pas mon obscurité maléfique se répandre dans tes veines, s'insinuer dans la plus infime de tes pores. Tes cellules sont déjà infestées du noir, du néant et du vide.


- Je brûle dans mes entrailles. Est-ce le feu de la mort qui m'anime? Si tu confisques mes désirs, ma vitalité, comment puis-je encore gouverner?


- Tu n'as pas à t'en faire. Tes souffrances s 'apaiseront sous la protection du califat. Mais dès que tes yeux se poseront sur tes amours passés, ton âme sera comme un brasier. Ta vie sera dévouée au calife, ou ne sera pas.


- Je te supplie de prendre mon âme. Arrache-moi à ce supplice. Je ne suis pas irremplaçable. Mon second est un homme droit, exceptionnel. Je l'ai moi-même initié aux affaires de la cité.


- Ne m'insultes pas. Né sous mon pouvoir, tu le resteras jusqu’à ce que j'en ai décidé autrement. Pour te punir de ton affront immoral, chaque jour tu erras dans l'immensité brûlante du désert, du lever du soleil à son zénith. Si tu écoutes le silence de ton âme tu arriveras peut être à la croisée d'un autre destin, à recouvrer la lumière et à te libérer de mon joug. La tempête va se déchaîner. Rentres et gardes-toi de moi.


La mort fit volte face, laissa échapper un rire sardonique, vite englouti par le souffle violent et bruyant de la nuit, ravagée par les vagues de sable.


Aux premières lueurs de l'aube, le vizir contempla les dunes, coiffées d'un voile nacré, offrant leurs rotondités à la pointe du jour. Il distingua les contours de son chemin de pénitence, tracé par la Mort, dans les méandres ombragées de silice. L'esprit embrumé, abasourdi, les os encore glacés de sa rencontre avec la Dame Noire, il tourna le dos à la ville et s'aventura sur le sable doré et lisse.

 

LN

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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 19:57

 

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Au fil de mes déambulations dans la ville, le regard d'un tableau de Serge Labegorre m'a accroché. Sommée d'entrer et d'être le regardeur du jour.


Subjuguée par la force de ces portraits, Prélats, Femmes, je me suis laissée happer par ces visages tendus, au regard intense. Habités par la tragédie, ces personnages théatralisés sont entourés de noir. " Le noir est l'absolu du bleu d'éternité. Le noir est une couleur, une valeur qui permet d'abolir le temps", nous dit le peintre.

 

Et mon temps s'est suspendu, dans la rencontre avec ces figures, de rouge vêtues, incarnant la violence, la passion, de l'existence? J'ai retrouvé mes rouges, garance, vermillon, ces coups de pinceaux  vigoureux, affirmés.

 

Très belle découverte.

 

L'exposition a lieu à la Fondation Taylor, Galerie située place Saint -Georges, Paris 9ème. Bel endroit pour une  rencontre, picturale ou sculptée.

 

Je vous conseille de regarder la vidéo (sur le site du peintre) où il nous fait découvrir son atelier, son univers...


 

Belle visite.

LN

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 08:00

 

violon cassé 1

 

Périple d’un Violon Fracassé

 

La terreur, qui n’allait cesser qu’au bout de vingt-huit ans (mais a-t-elle vraiment cessé ?), s’incarna pour la première fois, à ma connaissance, dans un bateau en papier journal dévalant un caniveau gorgé d’eau de pluie.

 

Septembre 1973, le 10 septembre précisément.

 

Pendant plusieurs jours, des pluies diluviennes s’étaient abattues sur notre terre d'exil. Contraints de rester cloîtrés dans la maison, mon frère et moi cherchions à conjurer l’ennui. Une torpeur s’était infiltrée dans les pores de nos corps, assagis par l’attente. Père restait assis sans mot dire, scrutant les nuées de ses cigarettes précieuses, trafiquées, marchandées, troquées dans les tunnels de contrebande. Les nuages formés par les volutes bleutées, source unique de vitalité, ondoyaient dans le vide de cette pièce à vivre, nue, démembrée. Il jetait un regard furtif sur les vitres, attentif à la pluie qui picotait la tôle de notre toit bricolé. Mère somnolait, priait, enveloppée d’une absence inquiétante, son âme vouée au Dieu protecteur.

 

La télévision souffrait aussi du climat, ânonnait quelques sons distordus. Renégats, peuple retranché, les journaux jaunis et humides étaient notre unique lien d’attache avec le reste du monde. Nous étions tous de connivence pour ne pas se séparer de ces feuillets, témoins de notre conviction, qu’au-delà de notre ligne de démarcation, s’ouvraient des horizons d’une autre couleur. Alors que nos voisins attendaient le Messie, nous attendions le retour des étincelles d'espoir.

Faudel commença à déplier les pages, fixa quelques images, s’arrêta sur les gros titres. Il interrogea Père d'un regard insistant.

- Qu'est ce que tu veux? Qu'as-tu à me regarder comme ça ? Bougonna-t-il.

- Je peux prendre ce journal, et le découper…

- Qu'est ce que tu vas en faire ? Hein. Des cocottes en papier ?

- Juste jouer...

D’un hochement de tête, ses sourcils accentués, d'un geste vif, Père le congédia.

 

Depuis la mort de mon oncle, il ne parlait presque plus. Chaque matin, la mine taciturne, ses pas le menaient péniblement de l'autre côté du mur. A la tombée de la nuit, le dos un peu plus courbé qu'à l'aube, il rentrait. Nos respirations recroquevillées en murmures, le silence pétrifié reprenait place dans la maison.

 

Nous retrouvions la voix du Père, les dimanches où au milieu du cercle des voisins, ils évoquaient les affaires locales, s’indignaient de leur impuissance à changer, ou du moins infléchir le cours de l’Histoire. Son timbre écumait une rage contenue, qui parfois explosait de sa poitrine comprimée. Nous avions vite compris les signes de son langage, où désormais, sa parole cadenassée, confisquée, perdue, nous était refusée. Ses yeux, ses gestes, ses mains, nous enjoignaient d’obéir à son autorité incontestable, reflet de sa douleur sédimentée. La terreur ne s'était pas encore infiltrée dans nos ventres, creusés par la faim. Seule la peur s’était faufilée dans notre chair. Avec le temps, nous l'avions apprivoisée mais elle restait tapie, prête à échapper à notre vigilance.

 

Faudel m'attrapa par la manche, me traîna jusque dans la cour, sous l'avant-toit. La pluie tombait toujours mais semblait se lasser, elle aussi. Elle diminuait, pensait à s'exiler sous un autre ciel. La cour transformée en cratères de boue, nous sommait de rester tranquilles, de se méfier de l'eau qui monte. Père avait déjà mis quelques planches pour protéger notre abri. La radio prévoyait une accalmie pour la nuit prochaine.

Nous examinions avec circonspection ce Daily news importé, sali par la poussière, certaines pages cornées et qui sentaient l'humidité. De rares mots en couleurs en soulignaient l'importance : Incursion, protestation, zones, groupes armés, tirs de roquette.

Faudel défragmenta les pages. Déplia, déchira, replia et un bateau de papier jaillit de ses mains. Il me fit une seconde démonstration. J'en fis un, puis deux, réduisant les feuilles à trois bateaux de papier mâché.

Le lendemain, la radio avait vu juste. Sous un ciel dégagé, le soleil inondait la terre gorgée d'eau. Rigoles, travées saillantes, empreintes de rangers au sol.

 

Enfin autorisés à nous éloigner du périmètre familial, je pris mon violon, dont je ne me séparais jamais. J'avais en tête de rendre visite à Bilal. J'avais presque fini une pièce de ma composition, un concerto pour violons. Excité, inquiet du jugement de mon maître, depuis une semaine, j'attendais ce moment solennel, où Bilal tendait au maximum les cordes de son attention, tout entier à mon écoute.

 

Il me suivait depuis déjà quatre ans. J'avais trouvé dans un amas d'ordures un violon abimé, doté d’une seule corde. Je l'avais ramené comme un trophée. Craignant de le perdre, j’avais fabriqué un système d’attache, je le portais en bandoulière. Bilal m'avait repéré arpentant les rues, arborant cet objet, soudain devenu insolite, transformé en arc incongru.

Et c'est avec lui que j'ai appris à jouer. Mon violon devint passion. Je jouais le soir à l’invite des voisins, qui se tenaient attentifs, muets, les yeux harassés, tournés vers le ciel. Ma musique devenait prière.

Bilal m’avait initié à la musique classique. J’avais exploré, fouillé dans tous les creusets musicaux, de Vivaldi au jazz, et autres tonalités. Baigné dans les entrelacs du Maqâm, je m’essayais à composer mon propre répertoire, où les vibrations de l'Orient pimentaient les sonorités plus classiques de la gamme tempérée.

 

Mais revenons à ce jour funeste de septembre, où la terreur s'empara de moi. La terre trempée se dorait au soleil. Les caniveaux, ruisseaux éphémères, se prêtaient à la navigation de nos bateaux-origamis si fragiles. Avec délicatesse, je laissai filer mon frêle esquif. Faudel traversa la route pour rejoindre ses frères d’arme.

Absorbé par ma flottille, je m’égarais sur la feuille de route de mon voyage onirique.

Soudain, une déflagration, un souffle violent m’arrachèrent à mes pensées, propulsèrent mon corps sur la crête de l’irréparable. Aveuglé par un nuage épais de fumée nauséabonde, saisi d’une terreur panique, je cherchais à tâtons mon violon. Il était toujours là, accroché à mon épaule.

J’apercevais des silhouettes furtives, des ombres, fantômes rescapés d’une catastrophe. Alors que je réalisais le silence profond qui m’habitait, un homme me souleva, me déposa au milieu de visages plus ou moins reconnus. Nous étions sortis de ce halo opaque. Les contours de mon univers dévastés.

Scénographie de la terreur. Des personnages titubaient, certains hurlaient, les yeux révulsés vers le ciel maudit, les visages torturés de douleur. Je compris alors que rien ne serait plus comme avant. Cette vague d’épouvante détruisit nos vies.

Faudel me retrouva, pleurant, perdu d’effroi. Je voyais ses lèvres bouger, sa bouche insistante, interrogative, attendant une réponse. Je le regardais, le suppliant de comprendre à la vue de mes deux mains en coquille sur mes oreilles, que désormais un silence abyssal régnait autour de moi, me coupait du monde.

 

Prostré, terrifié, seul dans ma chambre. Au terme de plusieurs semaines, j’acceptais de renouer avec mon entourage. Je me redressais, relevais les yeux et sortis de mon antre pour retrouver les miens. Le visage de ma mère s’était assombri, mon frère me souriait toujours. Père se détournait, meurtri.

Je n’avais plus joué de violon depuis ce jour démoniaque, terrifié à l’idée d’avoir tout perdu.

Bilal fut invité à venir me voir. Il me tendit mon instrument, prit le sien et de son œil complice m’enjoignit de jouer notre morceau préféré, la sérénade pour cordes de Dvorák. J’hésitai. D’un mouvement de la tête, confus je refusai. Il insista et me donna le bon tempo. Mon archer ondulait, mes doigts virevoltaient. Je sentis des vibrations frissonnantes prendre possession de moi. Les yeux fermés je guettai, j’espérai un son. Je n’avais que l’image, celle de mon bateau en papier journal. J’interrompis brutalement la sérénade. Je jetai mon violon au sol. Mes cris restaient coincés dans ma gorge. Dans le miroir de ma rage se détachaient les contours de cette explosion. Chaque nuit, je combattais mes cauchemars, où une tempête réduisait à néant ma flottille de papier mâché.

Mon père, ma mère et Faudel, se tenaient dans l’embrasure de la porte. Père me rendit mon violon. J’étais suspendu à ses yeux humides. Rejouer ou abandonner aux démons de notre terre confisquée par l’Histoire, tout ce qu’il me restait, ma famille, Bilal, la musique.

 

Je repris le chemin du conservatoire. J’écrivais, je raturais, je pleurais sur les lignes de ma destinée. Les portées se noircissaient, tachées de mes larmes acérées. Dans les eaux profondes de mes entrailles, je pouvais entendre le rythme, les ondulations de ma partition exécutée fidèlement. Pour m’encourager, Bilal m’avait apporté une revue sur Beethoven, le génie sourd. Il savait que cet accident allait être le point d’orgue de ma virtuosité. C’est à l’âge de 19 ans, dix années plus tard, que je donnais mes premiers concerts, traversant les check points, accompagné de Bilal. Dans un silence absolu, je devinais sur les visages des soldats leur violence, reflétée dans les pupilles des transfrontaliers.

 

Je vécus ainsi durant toutes ces années. Chaque jour, je me mettais en écoute extrême, concentré, à l’affût des micro-sons qui franchissaient le mur de ma surdité.

Peu à peu, je retrouvais ce que Bilal appelait « mon oreille absolue ».

 

Et c’est aujourd’hui, que prend fin cette terreur, greffée en moi, durant 28 ans. En foulant le tarmac de l’aéroport JFK de New-York, ce 11 septembre 2001, je me dirige vers la septième avenue, au Carnegie Hall, où ce soir je donnerai un concert, en soliste accompli.

 

LN

violon cassé 2

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 07:51

Quand un collègue vous adresse un courriel, ainsi qu'aux collègues, c'est à dire à tous et personne en particulier et qu'il conclut en signifiant que cette information est pour les "cons, cernés" (sic...), je me sens, comment dire, jubilatoire de  voir que l'inconscient débordant est toujours là pour nous faire marrer de consternation.

 

C'est vrai d'ailleurs que l'on est plusieurs à être cernés par les cons et qu'un con, qui ne sait pas encore qu'il l'est,  puisse le dire à ses con-génères...Con Fondant!

 

Allez Con se le dise

 

Le-Con-Du-Jour-2044.jpg435.jpg

LN

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 15:37

Brins d'émois

 

 

Aux jours d'une âme grise,

Morosité

conjurée


Virevolte, l'été dernier...

 

 

20130824 182938

 

Eveil des sens

les yeux rivés

A l'Horizon


Un champ qui s'éloigne

Le vent de l'océan


Respiration

 

Jours d'une âme chatoyante

Chatouillée

Enivrée

 

 L'amour azuré

Je me souviens

J'y étais, j'y suis ...

 

20130824_183026.jpg

LN


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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 18:14

Il y a l'aube de la plume,


Il y a l'encrier blanc et le porte plume


Il y a sur l’île de Finlande, la barque bleue


Il y a L'amant de Duras, le Horla de Maupassant, Illuminations de Rimbaud, le Quatuor d'Alexandrie et la page blanche


Il y a Solive et Ogive, Les Amants cathédrales, mon poème préféré,


Il y a ce secrétaire Louis XV


Il y a le blog et les carnets

 

 

Il y a l'écran de mes ébauches


Il y a le chapitre 1, chapitre 2 chapitre 5 et celui qui manque


Il y a ce roman sans fin


Il y a Bascule un soir d'Oh-Rage


Il y a Apostrophes, la Grande Librairie et le Prix Livre Inter


Il y a ce texte magnifique  que j'ai appris, Les mains d'Edwige au moment de la naissance de Wajdi Mouawad


Il y a l'escapade sur la montagne de mes rêves


Il y a les graffitis de Boubat sur les murs de Paris


Il y a le noir lumière de Soulages


Il y a vous me direz cette régularité à prendre pour écrire et que je n'ai pas


Il y a l'incipit qui met en bouche


Il y a ma fureur d'écrire sous le tapotement du clavier


Il y a la lecture à deux voix, avec mon père, d'une pièce de Molière


Il y a ce ciel chargé de cumulus, ces dieux aux joues gonflées  par le vent du Nord


Il y a la tempête à l'eau de rose, un titre…


Il y a ce matin comme une sérénité inattendue


Il y a le désir et ce langage qui en dit si peu


Il  y a toi qui joue à saute moutons avec les mots


Il y a l'œil du tigre, ailleurs, au loin…qui me regarde


 Il y a le journal du soir et celui de mes nuits


Il y a un jour où je tournerai la clef pour que s'échappent mes songes


Il y a "des perles de pluie là où il ne pleut pas"


Il y a l'orange et le rouge, les couleurs des Fauves


Il y a "Meriem  poursuivie par ses bonnes mœurs. Chaque matin elle se lève tranquillement heureuse d'être la première belle de jour. Elle baise la vierge qui veille sur le guéridon, jonché de mégots tordus, de miettes séchées, un rouge à lèvres gras entamé…"


Il y a les tautogrammes, mon préféré, le H," l'Héroïne hardie de Hong Kong…"


Il y a La pédale de l'homme mort qui attend sa fin


Il y a "Juria,  Jitsuko, Juichiro, Jinko et Jinta  qui jouissaient de leurs jeux de jeunesse jusqu’à ce jeudi de Juin…" 


 Il y a  " Je n'ai jamais appris à écrire" d'Aragon, ce livre Les sentiers de la création que j'ai trouvé dans une maison de vacances.


Il y a à travers la vitre ces paysages floutés par la vitesse du train, mon inspiration rythmée par ces voyages 


Il y a les arabesques qu'il dessine sur ses seins,


Il y a sur leur nénuphar, un crapaud et sa  grenouille qui dérivent  au gré des saisons


Il ya les notes que j'ai prises en observant  tous ces gens  qui parlent de tout et de rien


Il y a la femme perdue dans l'horizon roulé d'hier


Il y a le vent  de la mer qui avale mes paroles


Il y a le fracas de sa tendresse où je m'abandonne


Il y a cette expression tsigane "Faire couler les larmes dans les violons"


Il y a le jazz de Miles qui ponctue mes arrêts sur page blanche


Il y a ce "il était une fois, une fille qui avait un œil vert et un œil bleu, elle était incroyablement…"


Il y a l'écrivant, l'écrivain,  le lecteur,  qui êtes vous ?


Il y a tant de légendes à fabriquer, de papier mâché au papier tue -mouches


Il y a de la poussière sur mon clavier, ces ratures modernes


Il y a les maux en mots


Il y a " Comme chaque matin, elle court. Dans son casque,  Flavia Coelho lui chante De Paris à Rio, rythme ses foulées. Sa pensée est ailleurs. Il la heurte. Elle se rattrape, transpercée d'un éclair par son regard froid, métallique. Un frisson  glacial parcourt son corps. Elle se reprend, marche pour ne pas tomber. Elle cherche sa respiration, se concentre sur le déroulé de ses pieds, ne récupère pas son impulsion. Quelque chose  a changé.  Sur son visage l'effroi. "


Il y a la suite à écrire.


LN

Dans le cadre de l'atelier d'écriture auquel je participe, je vous fais partager mes aventures avec les mots.

 

 

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  • : Au gré de mes états d'âme j'écris des nouvelles en épisode, des haïkus, des phrasés. J'expose mes tableaux, je vous fais partager mes impression sur les films, les expositions, les livres et j'organise des concours de jeux d'écriture, tout ceci sur fond musical. partage de la musique
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