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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 12:40

 

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C'était un Dimanche de neige, à New-york la Garenne. Les flocons guirlandent le ciel, le parterre blanc, éblouissant, défie la grise mine des cieux. Deux petites silhouettes emmitouflées jouent sur le parvis, les boules de neige explosent de joie, les gamins se glissent de rire. Pas un bruit ...L'air glacé secoue mes pensées endormies. Couètude ou cinéma...en ce dimanche d'exception, tout blanc.  Cinéma d'abord.

 

Megarama pour un mega film. Grande salle, salle 1. Surprise, nous sommes une grappe dans une salle immense. Habituellement la grande salle, réservée aux  films à succès garanti, est bondée, particulièrement le dimanche en début d'après-midi. Et notre stratégie est de feinter avec les porteurs de pop-corn, fuir ces crissements  sous la dent, qui brisent notre cocon du cinéma rêvé. Ce jour là, c'était royal, grande salle, sans dérangement. 


Dès le générique,  Django, (en manouche " je me réveille") nous a enchaînés à notre siège.

A l'origine Django est un western italien réalisé en 1966   par Sergio Corbucci, auquel Tarantino rend hommage. Considéré alors comme un des westerns les plus violents, la version de  Corbucci ressort actuellement dans les salles.


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Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave. Au travers du lien qui va se nouer entre eux, le film confronte la pensée primitive, archaique des WASP (white Anglo-Saxon Protestant) à celle incarnée par Schultz, façonnée d'intelligence, de sensibilité, d'intégrité. Tarantino revisite l'histoire des Etats-Unis à l'aube de la guerre de sécession, particulièrement, l'organisation politique et sociale des Etats du Sud. Son propos dénonce avec brio l'esclavage, mais il va plus loin. Il nous renvoie à la violence d'Etat, casse le monopole de la violence blanche légitime et met fin à la mythologie raciste qui fait des méchants Indiens les seuls ravisseurs des épouses des gentils cowboys, oubliant les esclaves noirs dans l'arrière-scène des champs de coton. 

 

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Tarantino dérange, il explose tous les codes, brise les monopoles culturels pour se les approprier et en faire un "trouvé-créé " tarantinesque.


Le réalisateur Spike Lee, s'est offusqué à l'idée de voir un blanc filmer un drame noir, l'esclavage servant de toile de fond à un western spaghetti.

 

Django, comme les précédents films de Tarantino ne peuvent faire consensus. Le réalisateur transgresse les frontières des genres, des styles, des mythologies, de l'histoire et crée un objjet insolite, éclectique qui bouleverse nos repères. Son talent consiste à fusionner des styles culturels sans que ne se produise une confusion. La musique du film reflète ce syncrétisme culturel, la musique d'Ennio Morricone précède ou suit sans transition celle des rappeurs Rick Ross ou 2Pac, dans une harmonie étonnante.


"Tarantino passe au mixeur toutes les composantes de sa société  afin d’en finir avec les injustices culturelles, les rancoeurs sociales et les amertumes mémorielles qui la minent. Les méprisés du 7ème art obtiennent enfin leurs lettres de noblesse. Juives dans Inglorious Bastards, noires dans Jackie Brown ou dans Django Unchained, les minorités opprimées  peuvent désormais se livrer à une juste vengeance en traversant les siècles, punir leurs bourreaux et réécrire l'histoire officielle à l’encre sanguinolente de leur frustration séculaire. Les réprimés n’ont plus à subir, impuissants, la violence des groupes dominants : à chacun de prendre son flingue ou de dégainer quelques envolées oratoires bien ciselées pour rétablir la justice, la vérité et son bon droit. Loin d’être des stigmates identitaires, la violence et la parole sont, dans le monde tarantinien, donnés en partage… Ce monde chaotique mais libre et égalitaire, les pionniers américains du XIXème siècle l’ont sans doute rêvé. Quentin Tarantino, lui, n’a de cesse de le mettre à l’écran. " www.zerodeconduite.net

 

Du grand cinéma, sur tous les plans : L'interprétation excellente de tous les acteurs, la construction narrative, l'image somptueuse, tant des paysages que des scènes d' explosion de violence, la musique, la psychologie des personnages dans toute leur complexité, leur ambivalence.

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   Dès la première image, je me suis plongée  dans cet univers, et resortie gonflée d'enthousiasme. Je n'ai aucune réserve sur ce film, même concernant la violence des  scènes de flingues, qui déroulées comme une chorégraphie e

ndiablée, oscillent entre tragédie et dérision.

 

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Tarantinesque, certes ce film l'est...


LN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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Published by tanamo - dans Culture
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commentaires

Charlie 27/01/2013 17:33


Bravo pour ce billet magistral ! C'est comme si j'étais retournée le voir, à tes cotés... ^^


Merci pour le rappel historique. alors au cinéma aussi, rien ne se crée, tout se transforme? :)

tanamo 27/01/2013 20:27



Héhé contente de ce retour sur notre moment enchainé à notre plongée tarantinesque 



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