Au gré de mes états d'âme j'écris des nouvelles en épisode, des haïkus, des phrasés. J'expose mes tableaux, je vous fais partager mes impression sur les films, les expositions, les livres et j'organise des concours de jeux d'écriture, tout ceci sur fond musical. partage de la musique
Ce dimanche, j'ai roulé ma bosse, pneu crevé, nez en l'air, insouciante, riante, sur un chemin au bord de l'eau, perdue dans un no man's land.
Une variation a cappella suivie de points d'orgue, orchestrée par un duo d'explorateurs incognitos.
Au fil de l'eau, les péniches ont baissé pavillon. Elles se balancent très légèrement au gré des ondulations du fleuve. Les coques, noires, bleues, rouges ou jaunes soulignent le trait d'union avec l'eau devenue blafarde dans le miroir du ciel, apprêté d'un camaïeu de gris.
Rempli d'absence, le pont est une invitation à s'y "pauser": deux transats, une table basse...
Le jardinet, à quai, signe l'attention et la présence des habitants.
Sur la balançoire de fortune, devenue immobile au milieu du chemin, des enfants ont effleuré le ciel.

Sur son radeau , médusé, le grapilleur de mûres s'enivre de la cueillette généreuse. En aspirant délicatement le fruit offert, chaque grain nectarise mon palais.
La berge sauvageonne nous met en garde de modérer nos prétentions, à la fouler sans retenue.
Au bout du chemin, le street art suggère l'identité du lieu. La ville ronfle à quelques mètres, puissante.
Et au retour un vestige du périple vers le Mali, en direction de Bamako, "marigot du caïman" en langue bambara. Terre lointaine, terre des origines ou terre exotique, pays du retour ou pays d'émigrés, pays d' Ampâté Bâ, écrivain, ethnologue: "En Afrique, quand un vieillard meurt c'est une bibliothèque qui brûle".
Le peuple du fleuve, les Sonrhaïs, croise les bateliers... et moi je croise les doigts, pour que mon tandem garde le fil de l'eau, au fil de mes pensées.
Et vous qu'allez-vous faire de ce prochain dimanche?