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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 00:00

 

  Carnage-blog.jpg

 

Carnage est le dernier film de Roman Polanski, avec une belle distribution: Jodie Foster, Kate Winslet, Christoph Waltz.

Je fus surprise,  n'ayant pas suivi la sortie de ce film. Une copine m'a dit "Vas-y, tu vas te marrer..." , moi qui pensais que c'était un carnage, un vrai. Il s'agit d'un huis clos, presque Sartrien "L'enfer c'est les autres....". Tout le film se passe dans l'appartement de l'un des deux couples.

Le scénario est une adaptation de la pièce de théâtre de Yasmina Reza "Le Dieu du carnage". L'histoire est simple : Dans un jardin public, deux enfants de 11 ans se bagarrent et se blessent. Les parents de la "victime" demandent à s'expliquer avec les parents du "coupable". Et les masques tombent progressivement. Chacun se révèle dans ses valeurs, ses travers, ses relations  intimes.  Quand les codes de bienséance valdinguent, les acteurs sont de plus en plus excellents. Kate Winslet se lâche et nous les  filles on adore. Quand à Judie Foster, elle est aussi très juste dans son personnage moralisateur, bien pensant qui s'évertue par la colère à défendre sa rigidité. Les deux acteurs Christoph Waltz et John C. Reily sont aussi très bons.

 

J'ai du mal à rattacher ce film à son auteur R.Polanski, très différent de sa filmographie. Un bon moment de détente, qui en filigrane aborde des questions centrales, nos petites humanités dévoilées, nos discours bien pensants, nos frustrations, nos arrangements avec les non -dits...

 

Bon film

LN

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 15:03

 

horla-feux-basse-def.jpg

Dans une toute petite salle parisienne, en sous-sol, dans une cave voûtée, j'ai suivi avec une grande attention le texte le Horla de Guy de Maupassant, joué par Florent Aumaitre. Sur une estrade d'environ 2 mètres  sur 2 le comédien est seul avec l'auteur, le personnage et le public. Nous étions à peine une cinquantaine, dans l'intimité de cet espace, épuré de tout objet , de tout décor. Une chaise, un guéridon sur lequel est posé un carnet noir. Trois spots se relaient pour accompagner le déroulement de la narration.

 

Le Horla est une courte nouvelle fantastique, parue en 1886. Elle relate l'emprise progressive , d'un être mystérieux, un double,  sur le narrateur qui rédige son journal. Confession, auto-analyse de la naissance de la folie, le narrateur est un rentier qui vit seul sur les bords de Seine, servi par plusieurs domestiques. Le texte est  rythmé par de  brefs séjours à Rouen et à Paris, figurant l'alternance de doutes et de certitudes. Ces courtes escapades permettent au personnage de trouver un peu de repos, à l'abri de cet être malfaisant qui a pris possession de son âme. Au fil des retours chez lui, ses angoisses, l'impuissance de sa volonté, la présence obsédante de ce double,  le submergent et il va tenter de le détruire en brûlant sa propre maison.  

Cette nouvelle m'a semblé illustré la phrase de Freud  "Le moi n'est pas maître dans sa propre maison".

 

Le comédien dans le dépouillement de lui même, habite avec une force tragique ce personnage, qui d'une angoisse qu'il croit  passagère, va sombrer dans la schizophrénie, la folie. Florent Aumaitre a une diction parfaite, ajustée aux effrois du personnage. Son visage, son regard, ses mimiques, tout son être, habité par ce double, traduit le désespoir de son âme, perdue, sous emprise, dont il a perdu tout contrôle.


Maupassant avait suivi avec assiduité, en 1886 et 1887, les cours du Docteur Charcot sur l'hystérie, à la Salpêtrière. Dans les milieux parisiens les plus éclairés, on s'intéressait aux recherches de Freud et à celles d'autres psychiatres viennois.


Le fantastique de Maupassant est celui du double, cet autre qui veille en nous tous, sournoisement, et qui surgit parfois, dans la rencontre avec les autres, déstabilisant nos fondations, que l'on aimerait croire inébranlables. Mais gare à celui dont  l'âme ne peut , par jour de tempête, se plier comme le roseau, car alors l'arc de  sa raison risque de se casser.

 

Maupassant, interroge  la notion de folie. Le Horla, le fou est aussi celui qui voit juste, empreint de moments de lucidité, d'une perception aiguë de l'impuissance et de la fragilité des hommes.

 

Je trouve ce tableau très fort. Il s'agit d'un autoportait de jeunesse de Gustave Courbet, Le désespéré, peint en 1843:

  images-copie-1.jpg

A coté de ce tableau emblématique voici un autre autoportrait, Le fou de peur.

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Inscrit dans un paysage, l'homme est saisi au  moment où, succombant à la tentation du suicide, il bondit dans le vide, les yeux exorbités, une main sur la tête comme pour témoigner de sa folie...

A bientôt avec un billet plus léger...

LN


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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 19:28

Ciel bleu, soleil, temps froid, sec. Un dimanche d'hiver parisien comme je les aime. Une promenade pédestre jusqu' à la place Vendôme, superbe, dans sa tenue décorée d'étoiles, de strass.


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Une  Bentley, blanche, brillante, fière, est  garée devant le Ritz. Quelques curieux tournent autour, attendent la sortie des mariés. Déception des badauds quand  le chauffeur monte, ferme la portière et nous gracie d'un sourire narquois. Il démarre et s'éloigne. 

 

Le Jardin des tuileries est animé, la roue tourne, majestueuse dans le ciel dégagé.

 

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Nous faisons une demie-heure d'attente pour pénétrer dans le monde de Diane Arbus , photographe américaine ( 1923-1971). L'exposition présente environ 200 photographies dans une présentation thématique. Un étrange univers. Un travail sur le corps, l'apparence et l'émotion intérieure qu'elle sait capter dans toute son ambiguïté , ses dérisions. Les corps sont nus, détendus  chez les nudistes, transformés chez les travestis, déformés par des rictus chez les malades mentaux , tatoués ou difformes chez les monstres du cirque, anormalement petits chez les lilliputiens, fermés pour les dames new-yorkaises. Tous révèlent des regards qui nous échappent, sans rien dire de toute la gravité contenue au delà de l'instant photographique. Dérangeants , ces vues nous renvoient à notre pudeur,  notre rejet, notre inquiétude face à cette étrangeté,  ces corps qui loin d'être dans la performance, l'exigence d'aujourd'hui, reflètent quelque chose de notre fragilité, de l'inéluctable temps qui l'érode, du plaisir de l'extrême qui l'abîme, de la vie qui l'incise.


Diane Arbus jette le trouble en s'arrêtant sur ces "freaks".  Elle exprime la singularité de chaque être au-delà de son apparence, tout en brouillant, avec une certaine perversité, la frontière entre l'équilibre mental et la folie, le féminin et le masculin, le normal et le marginal. On peut lire derrière ces yeux vides, hagards, ces expressions, les drames de la vie. Elle met en image l'intime, s'approche trop près de ces âmes égarées, cassées, de l'inquiétante étrangeté de l'être. Photographe "écorchée", elle se suicide à l'âge de 48 ans.

 

Une exposition qui ne laisse pas indemne de la beauté de l'étrangeté, des jeux d'ombre et de lumière, chevillés aux êtres, mis en scène le temps d'un instant suspendu.

"[...)]brusquement, se souvient Greer, elle s'est agenouillée sur le lit en plaçant son objectif juste au-dessus de mon visage et a commencé à prendre en gros plan mes pores et mes rides ! Elle me posait des questions très personnelles et là, j'ai compris qu'elle ne déclenchait que lorsqu'elle voyait sur mon visage des signes de tension, d'inquiétude ou d'agacement . ».


Bel hommage à cette femme photographe...

 

arbus-blog-tile.jpgBonne visite

LN

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 15:30

 

  Kusama-def.jpg

 

Un samedi de décembre, les rues et les magasins gorgent  de monde. Me voilà de nouveau en vadrouille à Beaubourg.  Je prends l'escalator, rituel ascensionnel.  Je monte l'échelle mécanique pour me hisser au dessus des fourmis humaines restées au sol, des toits, de tout ou presque, il reste la Tour Eiffel, les tours de la Défense, et mon voisin, plus haut que moi.


Sur-les-toits-de-beaubourg.jpg

 

Je suis venue voir l'exposition de Munch. Trop de monde...Nous redescendons au musée, voir quelques oeuvres et je retourne décrypter les logogrammes de Christian Dodemont.


Direction Galerie 1., Intriguée  par les pois, je pénètre dans le monde fascinant, parfois oppressant,  de Yayoi Kusama, peintre, sculpteure, performeuse, chanteuse, écrivaine japonaise. Une   rétrospective de 150 oeuvres réalisées entre 1969 et 2011. Un parcours chronologique permet de distinguer ses étapes créatrices, très ancrées dans le contexte politique et social. Émigrée aux États-Unis en 1957,  elle côtoie Andy Warhol. Sa démarche artistique suit les courants de l'art psychédélique puis de l'Action painting. Elle réalise des accumulations, collages systématiques. Marquée par la  sérialité, la reproduction, une obsession...

Une très belle installation, dès l'entrée, reproduit la salle à manger familiale, quand elle avait 10 ans. Tout est recouvert de pastilles de couleurs , la source de l'univers des pois, multicolores. " [...] Je puis me rendre compte de ce qu'est ma vie, qui est un pois. Ma vie, c'est à dire un point au milieu de ces millions de particules qui sont les pois[...]." 

Une hallucination perçue  à l'âge de 10ans est à la source de sa création. Autour  de cette table familiale, les fleurs rouges de la nappe se multiplient dans tout l'espace: sol, plafond, murs, elle-même.


Elle descend dans la rue, fait des happenings, ritualise elle même des attitudes libérées de tout préjugé. Sa nudité exhibée ou ses actions  de contestation politique, au moment de la guerre du Vietnam, vont influencer la scène contemporaine aux États-Unis mais aussi la jeune génération japonaise. Elle élabore la notion de Self-oblitération, sorte de représentation directe de son mal-être.  Pour conjurer sa maladie, sa psychose, elle utilise le reflet des miroirs, dans une tentative d'échapper à son image ou a-contrario d'en capter quelque chose. Corps fragmenté, réfléchi, reproduit, envahissant l'espace, cette mise en abîme de son identité résonne à mon expérience des labyrinthes de miroirs déformants des fêtes foraines.  Tour à tour attirée et angoissée, je me souviens encore de cette fascination, ce vertige d'un identité qui se dérobe, qui dès que l'on veut rassembler, réunir notre image, la figure s'évanouit, se fragmente.


Anéantie, expropriée  de son corps, son oeuvre me fait penser à une longue marche d'errance, sa  quête de réunification de sa psyché, en vain. De retour au Japon en 1973, les deuils de ses proches, une tentative de suicide, ses souffrances psychiques la conduiront à demander d'intégrer  une institution psychiatrique, où elle séjourne encore aujourd'hui. Chaque jour elle travaille dans son atelier. Sa frénésie à renouveler ses forces créatrices  est un défi pour survivre et garder le lien avec le monde.

 

Je dois dire que l'oeuvre de Yayoi Kurama m'a déroutée. Ses  tableaux sont d'une puissance assez incroyable, d'une créativité libérée des codes,  explosant les limites.

Une très belle sensation dans une salle de miroirs, dans le noir où, tour à tour, un rideau de lumière multicolores se reflètent, changent de tonalité. Je n'arrive pas à quitter cet espace , ce climat de fêtes, d'émerveillement enfantin.

 

 Cette artiste est surprenante. Son écriture picturale est le reflet, voir l'incarnation d'elle même. Elle et son oeuvre fusionnent, se confondent. Elle nous invité à  une traversée des apparences pour percevoir son intériorité, dévoilée. Ce cheminement a pu parfois échapper  à ma compréhension rationnelle mais m'a touché, par la perception de  l'inquiétante étrangeté de l'autre, qui résonne en moi...

 

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 07:26

 

 

 

 

 

Ce matin, en un éclair,  au saut du lit je me suis dit,   je vous écrirai de la poésie.  J'ai attrapé deux livres, l'un d'Aragon "Les Adieux", l'autre d'Issa "Haiku".

Aragon, blues ou Issa, la nature.  Aragon m'a accroché, la page s'ouvre . Je vous  offre la première strophe :

Les Rendez-vous

 

 1-

Tu m’as quitté par toutes les portes
Tu m’as laissé dans tous les déserts

Je t’ai cherchée à l’aube et je t’ai perdue à midi
Tu n’étais nulle part où j’arrive
Qui saurait dire le Sahara d’une chambre sans toi
La foule d’un dimanche où rien ne te ressemble
Un jour plus vide que vers la mer la jetée
Le silence où j’appelle et tu ne réponds pas

Tu m’as quitté présente immobile
Tu m’as quitté partout tu m’as quitté des yeux
Du coeur des songes
Tu m’as quitté comme une phrase inachevée
Un objet par hasard une chose une chaise
Une villégiature à la fin de l’été
Une carte-postale dans un tiroir
Je suis tombé de toi toute la vie au moindre geste

Tu ne m’as jamais vu pleurer pour ta tête détournée
Ton regard au diable de moi
Un soupir dont j’étais absent
As-tu jamais eu pitié de ton ombre à tes pieds

     
                                             Aragon  ( 1897 -- 1982 )


Et Aragon me souffle encore ce matin une de ses Echardes,

"Il ne suffit pas de se taire

Il faut savoir dire autre chose."

 

Que la voix d'Aragon vous accompagne ...

 Bonne journée

LN

 

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Lever du Soleil en Toscane Italie

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 20:01

Un après-midi au Centre  Pompidou.

 

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J'ai donné rendez-vous à  trois étudiantes, au café du Centre Beaubourg, pour une séance de travail sur leur mémoire de recherche.  Espace suffisamment tranquille, en retrait du bruit de la ville, confortable. Ayant choisi une place sur une banquette, je sirote mon café en attendant qu'elles arrivent. Une fois installées, nous nous  concentrons sur les perspectives de chacune. Soudainement,  les yeux de l'une  d'entre elles s'écarquillent, sa bouche ouverte reste muette, son regard se fixe, juste derrière moi, sur le haut de la banquette. Après quelques secondes de sidération, je me retourne, ne remarque rien d'anormal.

- Mais que se passe-t-il?

-Euh... je ne veux pas perturber mais moi je peux pas...Là, derrière vous sur la banquette... Une souris!!!!

Une petite boule grise, recroquevillée, est posée, pas très loin de ma nuque.  D'un geste timide, je vérifie, vivante mais peu vivace. La souris a définitivement bousculé notre pensée studieuse. Changement de place....

 

Après cet intermède, je décide d'aller flâner dans le Centre. Devant la très longue file d'attente pour l'oeuvre d' Edward Munch, je me rabats sur : Danser sa vie, joli titre.

 

L'art et la danse de 1900 à nos jours. L'art d'être en mouvement. Très abondante, l'exposition  se déploie dans de grandes salles et m'e fait tourner la tête. Je me laisse porter par l'accroche de mon regard. Je ne désire pas tout voir, plutôt déambuler et attendre que quelque chose me fasse ralentir,  m'arrêter pour m'approcher, détailler, rêver. Des tableaux de Matisse, des films, des installations, des photos, des illustrations, et dès l'entrée un tableau vivant, un homme allongé sur le sol entame une danse lascive...


J'ai beaucoup aimé les photos sépia d'Isadora Duncan, magnifiques de nostalgie. Des jeunes filles, vêtues de robes légères blanches dansent dans les champs, rient aux éclats dans des mouvements circulaires. Leur corps vibre, se penche, tournoie, valse. Isadora Duncan écrivit:

"Mon art est précisément un effort pour exprimer en gestes et en mouvements la vérité de mon être. Dès le début, je n'ai fait que danser ma vie."

La joie de vivre s'évapore de ces  filles, figures évanescentes, au milieu de paysages naturels,  incarnant "la ferveur sensuelle".


Suit des peintures d'Emil Nolde, de Sonia Delaunay, un film des ballets de Pina Bausch. L'exposition est l'occasion de montrer les "tasks", ces mouvements qui renouent avec nos activités banales de chaque jour, nos gestes automatiques, répétés, qui rythment nos journées. Dans un loft-atelier à Berlin, une équipe filme chacun, se prêtant à recréer une gestuelle banale, ralentie,  inspirée du hip-hop, avec lenteur, saveur des minutes qui s'écoulent, sans précipitation. Un jeune homme se coule dans l'arrosage des plantes de la terrasse du toit, tandis qu'un autre se déhanche avec nonchalance, pour allumer sa cigarette. Le temps s'allonge, les corps se déplient sensuellement, épousant les formes d'e l'espace guimauve, intemporel. Une  quiétude apparente se substitue  à l'agitation. 

 

Il me reste encore une demie-heure à perdre, avant mon rendez-vous. Je décide d'aller faire un tour au Musée, revoir quelques tableaux. Prendre le temps d'un regard inutile, déceler dans la peinture, sa matière, le geste présumé, la tonalité, déguster l'émotion procurée.

A l'entrée, un Soulages. Pierre Soulages, créateur de  lumière dans le noir profond de ses toiles. J'ai longtemps été rebutée par cette noirceur jusqu' à cette exposition où délestée de mes principes, de mes résistances, ses tableaux m'ont bouleversé d'émotions. Quelques impressions sur l'expo de Soulages


Poursuivant mon errance picturale, je découvre un triptyque de Joan Mitchell, peintre américaine (1926-1992) qui a vécu une grande partie de sa vie entre Paris, New-York puis près de Giverny, non loin de la maison-atelier de Claude Monnet. Je me suis glissée dans les  douces tonalités...

 

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Pour clore ma visite, je suis passée par la galerie d'art graphique, intriguée par le terme  Logogramme.  Christian Dotremont, écrivain, poète belge (1922-1979) a couplé les mots et le graphisme, le trait, les lignes, les lettres.

Les courbes à l'encre noire, les liés, les  déliés s'harmonisent avec son écriture poétique. Ici, il dialogue le récit de son voyage vers son amour perdu avec  l'entrelacs d'un graphisme, souple.  "Des dessins de mots, des peintures de langage". Il travaille à l'encre noire, figurant le récit, le poème par une  calligraphie de lettres ou de formes. Parfois l'ensemble forme une fresque de signes indéchiffrables, dont le sens se capte par un déplacement  dans un coin du tableau, où le texte est reporté.

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"Tout jeune, je m'aperçois que la nature, quelques fois écrit. Je lis, par exemple, les lettres que les herbes forment au gré du vent...". N'avez-vous jamais deviné, dans les nuages, des formes distinctes de personnages ou figures  familières. Les murs délabrés racontent aussi des récits fossilisés.

Lors d'un premier voyage dans le grand Nord, en Laponie,  il perçoit comme une immense page blanche sur laquelle la nature a écrit des signes: arbres, arbrisseaux, tapis de lichens, empreintes de traîneaux, de rennes qui dessinent comme des lignes d'écriture. Il trace alors sur le sol ses logoneiges et logoglaces réalisés dans l'espace, au coeur de la nature, oeuvre éphémère dont les photographies en conservent la trace.


La découverte inattendue de cet artiste, cette fusion sans confusion,  entre  peinture et écriture  font écho à ce qui m'anime, me réanime dans ma pulsion créatrice.

 

J'ai terminé cette flânerie par une pause sur la terrasse, volant au gré de cette vue grandiose de la ville, scandée par le battement  sonore du coeur de Beaubourg, qui nous rappelle que nos coeurs battent séparément, mais à l'unisson. Pour finir quelques photos des toits de Paris:


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Inattendu,  ce plaisir  du temps ouvert aux surprises des sens!

LN

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 22:13

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Composé comme une série de scénettes , le film d'Emmanuel Mouret s'appuie sur un drame pour nous prodiguer des conseils pour attraper l'amour au moins une fois dans sa vie. Entendre la musique particulière à chacun qu'il peut entendre quand il est amoureux. Des phrases ponctuent les différentes "fables" : "Il ne faut jamais refuser ce que l'on vous donne", "Patience, patience...".

 

Les acteurs les plus présents sont  François Cluzet , Julie Depardieu et la voisine de Cluzet joue très bien.

J'ai rit mais timidement. Le film manque de consistance, divertissant mais à la limite de l'ennui à mi parcours.

 

J'avais vu la bande annonce avec des dialogues drôles, finement composés et ayant la blues mania automnale, une bonne comédie ça détend plus qu'une clope. Je  me suis dit que je pourrai y découvrir  quelque chose de nouveau sur l'art d'aimer. Ben non  je crois que je suis assez en résonnance avec ces vibrations tandem complexes  et /ou légères comme un vol de libellule.


Bon film

LN

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 08:20

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Le film comique français semble prendre pour socle une forme  de critique sociale, soutenue par une force de situations  drôles et touchantes. Je pense au film avec F.Lucchini Mes femmes du 5ème étage, dernièrement Intouchables et    Mon pire cauchemar, d'Anne Fontaine,  où j'ai beaucoup ri. Je dois vous préciser que je suis assez exigeante sur le comique au cinéma et qu'Isabelle Huppert, habituellement, me refroidit.


L'histoire est assez simple. Il s'agit d'Isabelle Huppert, Galeriste intellectuelle, femme de pouvoir étriquée dans sa vie anésthésiée de bourgeoise,  et B.Poelvoorde, jouisseur sans modération, à la dérive. La rencontre de ces deux mondes décalés va être explosive.

Je ne vous en dis pas plus... L'interprétation de ces deux acteurs est excellente, à laquelle  s' ajoute celle d'André Dussolier.  


Ce film est un vrai régal, "une comédie rythmée par des effets de situation et des dialogues percutants. " 

 

Bon film

LN

 

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 17:35

Depuis environ un an je passe au moins une fois par semaine devant ce petit musée, Cernuschi, situé aux portes du parc Monceau, là où je cours. Aujourd'hui j'ai poussé la porte pour découvrir:

Les Artistes chinois à Paris
1920-1958 : de Lin Fengmian à Zao Wou-ki
2011 : Six créations contemporaines dans le parc Monceau

Chang-Shuong--portrait-de-Shana-horz.jpg

9 septembre > 31 décembre 2011

 

L'exposition permet d'envisager la peinture chinoise entre tradition et modernité. Les artistes présentés, venus en Europe au début du 20ème siècle, ont lié, de façon subtile,  la tradition picturale de la Chine avec les différents mouvements occidentaux.

L'idée du trait juste, ancrée dans la peinture asiatique , s'exprime dans les nus à l'encre, d'une ligne unique figure l'indolence ou le mouvement. Le nu en Chine,  est traditionnellement associé à l'érotisme, alors qu'en Occident le nu est relié à la mythologie.  Les attributs  du corps sont, dans une première période, suggérés, sans être dévoilés.  Puis avec Nu au peignoir rouge, la femme figure ce dévoilement.  Le cerne noir vient modeler le corps, selon la tradition chinoise. 

 

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Lin Fengmian, a eu des périodes de création très différentes. J'aime beaucoup Belle Dame, sur une inspiration de Modigliani...

Lin-Fengmian--Belle-dame-horz.jpg

Dans la dernière salle, deux peintres contemporains de l'abstraction. Chu Teh-Chu,   bouleversé par la peinture de Nicolas De Staël,  passera rapidement à des oeuvres abstraites avec la technique de l'huile.


Zao Wou-Ki, artiste chinois le plus connu en France, harmonise une peinture abstraite très moderne avec des techniques chinoises ancestrales. Il intègre des caractères "archaïques " , première forme d'écriture chinoise, en verticale, rappelant les formats traditionnels. Une très belle  représentation de Notre-Dame de Paris, sur un fond monochrome, détache la cathédrale  par la technique traditionnelle du "trait juste" , une ligne fine, à l'encre.

 

Zao-Wou-Ki--paysage-de-montagne-horz.jpg

 

L'exposition présente aussi dans les premières salles des oeuvres plus traditionnelles, subtiles, d'une grâce légère, sur les  thèmes récurrents des oiseaux, des fleurs, et de la nature.

 

Vous pouvez poursuivre ce voyage pictural dans le Parc Monceau où s'exposent des sculptures étranges...

Bonne visite

LN

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 18:03

anatolie.jpg

 

 

 

 

Je me suis laissée séduire par la voix envoûtante et les envolées littéraires de  Laure ADLER, journaliste. Sa critique très enthousiaste d'Il était une fois en Anatolie du réalisateur turc, Nuri Bilge Ceylan, m'a rappelée son précédent film,  Les trois singes. Une histoire familiale qui dans une tonalité existentielle aborde  la complexité des rapports humains, dans une esthétique cinématographique très réussie. Le réalisateur figure dans ce film les   trois singes, symbole de la sagesse, « Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire ». A celui qui suit cette maxime, il n'arrivera que du bien.


Il était une fois en Anatolie nous emmène dans les périples d'une enquête criminelle, notamment la recherche du corps de la victime. S'orchestre alors dans la première partie  un ballet de  trois voitures, réunissant policiers, procureur, médecin et suspects. Ils sillonnent les routes,  la nuit, une chenille lumineuse dévoilant les collines d'Anatolie. Le film, découpé en deux parties, souffre de longueurs. Je me suis assoupie durant cette première partie nocturne... La lumière revient par le visage angélique d'une très belle femme, éclairée par une chandelle. Sa présence, son regard apparaissent comme une grâce dans ce climat pesant, sordide. Les hommes recouvrent un peu de leur  humanité. Ensuite la deuxième partie  livre, avec parcimonie, lentement, des éléments qui permettent de mieux comprendre "l'affaire". En arrière plan, le réalisateur profile les personnages, pris dans leur fonction et dans les tourments de leur existence. Il montre comment chacun se débrouille avec  le fardeau de ses erreurs, ses ruptures...

 

J'ai mis du temps à me laisser portée  par cette histoire insolite, dans un climat sombre dont  le propos ne m'a  pas fait écho.

Néanmoins les très beaux plans rapprochés des visages, des collines  à perte de vue où un arbre isolé vient rompre un horizon dégagé  et les jeux de lumière, en miroir de celle faite sur l'enquête ont marqué agréablement ce moment suspendu en Anatolie, littéralement,  lever du Soleil. 

Bon film

LN

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  • : Chatouillement de l'Âme
  • Chatouillement de l'Âme
  • : Au gré de mes états d'âme j'écris des nouvelles en épisode, des haïkus, des phrasés. J'expose mes tableaux, je vous fais partager mes impression sur les films, les expositions, les livres et j'organise des concours de jeux d'écriture, tout ceci sur fond musical. partage de la musique
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