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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 18:33

 

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Billet dédié à l'Agnèsmasquée...

 

Réalisé par Pierre Pinaud, le film raconte l'histoire d'une animatrice radio, célèbre par sa voix,  mais dont personne ne connaît le visage. La nuit,  à l'écoute des confidences  affectives de ses auditeurs, elle prodigue empathie, attention, conseil. Sa vie, consacrée entièrement à ces deux heures d'antenne, est le seul lien tissé avec les autres,. Son existence est vidée de toute relation, seul son chien est là, attentif, fidèle, complice.

Distante, glaciale, Karine Viard porte avec délicatesse ce personnage contradictoire. Ses phobies,  au contact de tout  univers autre que le sien, la protège de ses angoisses, autant qu'elles les nourrissent. Elle va s'approcher  de sa propre histoire, s'y confronter, tenter de s'y frayer une brèche, libératoire.


Le film raconte aussi la rencontre de deux mondes opposés. Karine Viard, bourgeoise coincée, se frotte au confort bordélique des gens de banlieue, modestes et généreux.


Les plans photos sont subtils, les couleurs s'accordent aux émotions, la caméra s'arrête sur des détails avec subtilité: un regard, un visage, une branche qui frémit, un parterre de feuilles mortes, un ciel de nuit, une poignée de porte ...


Karine Viard est l' "âme" de ce film, au côté de  Nicolas Duvauchelle, craquant, sexy...

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Un joli film...


LN

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 22:35

 

Le saviez-vous, vous qui courez dans tous les sens, qui battez le pavé dans le froid en attendant que votre train arrive, vous les bretons impatients de retrouver l'air océanique, vous qui dormez au cliquetis des piécettes dans l'escarcelle, vous les poinçonneurs, les passants parisiens, sous les rails, sous la gare Montparnasse, une chapelle se niche, souterraine.

J'ai découvert ce lieu presque invisible de la rue , sans signe ostentatoire religieux , la chapelle Saint-Bernard. Je suis allée écouter Julien Faure, pianiste. Au répertoire: Chopin, Brahms, Schumann et Ravel.

 

 Julien Faure débute son parcours musical à cinq ans par l’étude du piano. Il prend une nouvelle trajectoire lorsqu’il découvre le rock six ans plus tard. En parallèle de sa scolarité de pianiste-concertiste au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris et de ses études d’harmonie - dont il a reçu le diplôme de premier prix d’harmonie à l’unanimité -, il commence dès l’adolescence à écrire et à chanter ses propres compositions, développant un univers sonore nourri des racines des Pixies, Beach Boys, Portishead ou encore Nirvana.

 

Dans le silence, recueillis,  nous étions peu nombreux à se laisser transporter. En fermant les yeux, en cet instant magique, j'ai écrit dans l'air la suite de la série "Ainsi  soient-ils". Résonance créative...

Quand la musique des notes devient narration, l'histoire s'écrit dans les ondes aériennes.

 

 

 

Ravel Gaspard Ondine

Extrait de Gaspard de la nuit de Maurice Ravel qui écrivit un triptyque pour piano, d'après trois poèmes extraits du recueil éponyme Aloysius BERTRAND . 

 

 

Ondine

 

 

" Ecoute ! - Ecoute ! - C'est moi, c'est Ondine qui
frôle de ces gouttes d'eau les losanges sonores de ta
fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune ;
et voici, en robe de moire, la dame châtelaine qui
contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau lac endormi. 


"Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant,
chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais,
et mon palais est bâti fluide, au fond du lac, dans le
triangle du feu, de la terre et de l'air. 


" Ecoute ! - Ecoute ! - Mon père bat l'eau coassante
d'une branche d'aulne verte, et mes sœurs caressent de
leurs bras d'écume les fraîches îles d'herbes, de nénuphars et de glaïeuls,
ou se moquent du saule caduc et
barbu qui pêche à la ligne ! "


Sa chanson murmurée, elle me supplia de recevoir son
anneau à mon doigt pour être l'époux d'une Ondine, et
de visiter avec elle son palais pour être le roi des lacs.
Et comme je lui répondais que j'aimais une mortelle,


boudeuse et dépitée, elle pleura quelques larmes, poussa
un éclat de rire, et s'évanouit en giboulées qui ruisselèrent
blanches le long de mes vitraux bleus.

 

 

  Aloysius BERTRAND (1807-1841)

(Recueil : Gaspard de la nuit)

 

 

Une sirène enchanteresse veille ...

LN

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 22:25

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Afin de renouer avec les querelles d'idées des philosophes des Lumières, le Procope, le plus ancien café littéraire de Paris, a organisé, en partenariat avec la revue Philosophie Magazine, un débat rencontre sur le thème provocateur: "Les marchés sont-ils bêtes et méchants? " avec Valérie Charolles, philosophe , économiste et Paul Jorion, anthropologue, économiste.

Dans un des salons du Procope, les intervenants ont débattu sur la crise de la raison économique et financière. Cet espace de pensée, ouvert à tous, nourrit une réflexion éclairée par des penseurs connus, reconnus, sans dogmatisme, partageant  plus que des réponses, leurs interrogations et leurs  perspectives de sorties de crise.


Les marchés se conçoivent comme des lieux où la rationalité serait à l'oeuvre, comme l' incarnation d'une rationalité maximale. Valérie Charolles démonte  l'utopie de l'agent économique rationnel et  l'immortalité du système capitalisme en identifiant précisément les éléments irrationnels du marché,  intrinsèques à son  propre fonctionnement.  Le système, le cadre conceptuel du marché financier  porte en lui les germes de ses limites. Elle rappelle le fondement de l'économie, une activité humaine dont on peut remodeler les règles. Elle  interroge la place  du travail aujourd'hui, ramené à une sphère d'ajustement. L'économie libérale gravite autour de la finance et du Capital, alors que le travail est la contribution indispensable à la production.  Or aujourd'hui le travail est envisagé comme une perte, une charge, ayant perdue sa valeur positive. L'économie est soumise aux lois du marché , alors qu'elle devrait être au profit de l'individu, des échanges pour le bien général. Le politique doit retrouver le sens de l'économie au bénéfice de l'intérêt général. 


Paul Jorion a retracé les fondements de la pensée économique, Adam Smith, Karl Marx jusqu'aux crises du 20ème, celle de 1929, celle de 2008, celle  d'aujourd'hui. Les marchés sont dans des impasses et pour tenter d'en sortir ont des exigences contradictoires . Pour sortir de la crise, les deux experts envisagent l'unique porte de sortie, le changement du cadre conceptuel, un changement profond du paradigme de la pensée économique. La critique des canons théoriques du marché auto-régulé devient une conviction, comme une évidence, pour  l'ensemble des économistes,  quelque soient leurs orientations politiques. Mais la sphère politique s'assujettit au marché, considérant la toute puissance de la finance comme  une vérité incontournable, un allant de soi, immuable. 


L'intervenante propose de travailler sur l'idée que toute vérité est construite par rapport à un cadre de référence, l'auteur faisant le parallèle avec la révolution copernicienne. Les cadres de référence peuvent évoluer et le politique sert à cela, une adaptation aux mutations terrestres. La salle a réclamé des idées force, pour  réhabiliter "la souveraineté populaire" que les citoyens  puissent retrouver un acte-pouvoir, pour contribuer au changement radical d'un système. Question naïve ou désespérée, d'impuissance ...

 

Des éléments techniques m'ont échappé mais participer à cet échange ouvert, d'une pensée créatrice m'a procuré un apaisement face au cafouillage médiatique sur la complexité des enjeux sociaux , ramené à des discours de candidats présidentiels médiocres ... 


Un cocktail savoureux, champagne et sirop de cerise, accompagné d'amuse-gueule m'a permis d'aller interpeller Paul Joinon sur son blog. J'avais la connaissance de son blog, dont les lecteurs rémunéraient son travail de publication et de recherche. J'étais curieuse de comprendre comment il avait eu cette idée d'un blog rétribué par ses lecteurs ,alors même que la culture internet se base sur l'accessibilité gratuite, pour le plus grand nombre, pour exemple la promotion de produits culturels (musique, spectacle...) .

Au moment de la crise de 2008, Paul Jorion se voit licencié par une grande firme américaine et  rentre en France. Il poursuit son blog et se met en recherche d'un poste, qu'il ne trouve pas, malgré sa reconnaissance. Il prévient alors ses lecteurs qu'il va fermer son blog et se consacrer à la recherche d'une activité rémunérée. Plusieurs de ses lecteurs proposent alors de lancer une contribution aux lecteurs, un salaire minimum,  pour qu'il puisse poursuivre ses recherches et  les transmettre en direct au profit des lecteurs, sorte de mécénat citoyen. Il me précise que les contributeurs représentent 1 pour 1000 lecteurs et que chaque mois environ  4000 internautes visitent son  site. Sollicités par plusieurs candidats présidentiels, comme expert économique, il a répondu favorablement mais s'est fait prendre la place par des "apparatchiks " .

Luttons contre la pensée unique, la contradiction est la source du changement, lui même source du vivant...

 

Pour en savoir plus sur les rendez-vous culturels du Procope :www. procope.com. Prochain rendez-vous, Mardi 31 Janvier de 20h à 22H "Présidentielles 2012: Élection politique ou démarche de consommateur averti ou comment bien choisir le prochain président. "Un dîner citoyen ...

Aux urnes citoyens, dans quelques mois...

LN

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 11:53

 

Je vous offre cet extrait du Livre de Wajdi Mouawad, Les mains d'Edwige au moment de la naissance, comme l'écho de toutes nos nuits d'amour. Ces instants d'éclatement micro-cosmique enivrent nos existences, dans une spirale en suspension...

 

 

"- Esther : « Nuit d’amour folle. Un délire, un bonheur. Les étoiles. Un champ. Je ne me souviens de rien. Son visage. Il était là. Il me  regardait. Je me souviens du croissant de lune. Je me souviens de ce qui me brûlait. Je le regardais. Le vent. Un délire. Il y avait Esther qui disait à Esther : «  mais embrasse-le, embrasse-le, prends-lui la main, pose ta main sur son visage », mais je ne faisais rien et cela me brûlait, je me consumais. Nuit d’amour folle au milieu de la vie. La nuit était sur nos épaules. La mer dans nos souvenirs. Il était là. J’étais là. On se regardait. Je ne me souviens de rien. Son visage qui se rapprochait du mien, le mien du sien, mais on ne bougeait pas. Nos fantômes enivrés de désir, enivrés d’envie, nos fantômes n’en pouvaient plus l’un de l’autre et nos fantômes nous poussaient l’un vers l’autre ; puis la nuit entre mes lèvres et la lune sur ses dents et mes lèvres sur ses dents, sa main dans la mienne et la nuit qui applaudissait. Je ne me souviens de rien. De rien. Lèvres à lèvres nous volions sans doute car nous n’avons laissé aucune trace. Une porte. Un lit. La douceur alors de ses mains, de mes mains, de son dos. J’étais partout autour de lui, il était partout autour de moi, il était la nuit j’étais la lune et la nuit a envahi la lune. Il était là, j’étais là et puis l’amour, Edwige, l’amour, la perte du temps, la perte du corps, des milliards d’étoiles qui tournent et éclatent autour de nous. L’univers qui se refaisait dans mon corps, dans mon cœur jusqu’à mon âme, c’était un lion sorti de la mer la crinière en écume, c’étaient des éclairs dans le ciel de mon cerveau, comme une planète en flammes qui s’éteint et puis qui s’enflamme et qui s’éteint et qui s’enflamme et qui s’éteint et qui s’enflamme à chaque mouvement, chaque voyage, chaque envol, c’est un arbre qui explose, un soleil qui s’éparpille, et c’est une joie qui éclate, se déchaine, se déchire, éclate de nouveau, augmente, monte, grimpe, s’accroche à tes parois les plus secrètes, les plus infimes, chaque partie de ton âme et de ton corps se trouve visité par la joie, et tout cela augmente, s’accentue, se précise, s’ajoute, s’additionne mais cela ne se calcule plus, ne se compte plus, ne se mesure plus, ne se contrôle plus, alors c’est l’inondation, un cri dans cette trop grande nuit, le lion rugit et d’un bond va décrocher le soleil et c’est encore un cri, , un cri, la joie qui inonde ma bouche et mon cri, mon cri, mon cri…La lune qui devient pleine et la nuit qui se repose. La mer au loin. Le vent toujours. La fenêtre. La vie. Lui. Moi. Puis plus rien. Le silence. Le calme. Le sommeil. Le rêve. Mes rêves. »


- Esther : «  Il m’aimait si fort, ma sœur, il m’aimait à la folie, il m’aimait jusqu’au bonheur, jusqu’à la grâce. Imagine un instant un train qui vient vers toi, Edwige, imagine le carnage et la fureur en course monstrueuse vers toi, course de métal et d’acier, imagine l’enfer qui approche de toi…il m’aimait comme ça. Penses-tu, Edwige, que devant un pareil amour on puise prendre le temps de réfléchir ? Non. On n’a pas le temps de penser, pas le temps de rien. Devant ces amours-là on ferme sa gueule, tu m’entends, Edwige, on ferme sa grande gueule, sa grosse gueule, on ferme sa gueule et soit on se laisse emporter, entrainer par cette fureur, écraser, aplatir, éclater en une seconde, soit on recule, on s’échappe, on fuit par peur, et moi, Edwige, moi, j’ai reculé devant la fureur de son amour. J’ai foutu le camp et j’ai passé, à côté de ma vie. »

 

Esther : «  Une lumière son visage à lui ; une lumière malgré lui. Il me parlait de la lumière toujours. Je l’aime. Il m’a appris à regarder le ciel. Peu de gens vous apprennent ces choses-là. Il me prenait la tête et me disait en indiquant un nuage, regarde, Esther, regarde la lumière…c’est la lumière qui compte… la façon qu’elle a de tracer des lignes, comme ça, en plein air ; un ballet incroyable ! il m’a appris à regarder la lumière à travers une forêt, un buisson pour y voir un vitrail impressionnant et toute cette lumière que lui-même avait passé son enfance à boire lui avait sculpté le visage ; il avait le visage de l’inutile. »

 

Folles nuits de douceur, à suivre...

LN

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 20:24

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Film d'Aki Kaurismäki, certaines critiques le qualifient de conte, de fable moderne.


Marcel Marx, cireur de chaussures, mène une vie simple, dans le triangle constitué par le bistrot du coin, son travail et sa femme Arletty. Le destin met brusquement sur son chemin un enfant immigré originaire d'Afrique noire, alors que sa femme est brusquement hospitalisée.

 

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La façon de filmer donne des images adoucies par une lumière uniforme, brumeuse. Les petites maisons, cabanes précaires deviennent cosys, des havres de paix et de repos. Sur d'anciennes cartes postales, colorisées, collées sur le décor d'aujourd'hui, le climat oscille entre une atmosphère rassurante de générosité, de solidarité, de bienveillance et un climat de tensions, de  brutalité moderne où l'hospitalité, l'humanité peut être subversive. Reflet de notre monde paradoxal, les personnages vivent dans une marginalité active,  posture politique. Toujours très dignes, créatifs, unis face à l'adversité, l'humanité de chacun triomphe, sans morale, sans sensiblerie. 

 

Parfois surréalistes, les dialogues ont des touches de poésie, "l'argent circule, crépuscule...". 

Un film optimiste, une ode à la liberté...Un film engagé, qui croit en l'humanité, donne la pêche, fait du bien.

 

Bon film

LN

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 21:34

 

 

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JR, jeune  photographe français, habille les murs, les façades, le béton, la pierre, de portraits  monumentaux. Il est actuellement sur les cimaises d'une galerie parisienne, la galerie  Perrotin 76 rue de Turenne, Paris 3ème. Très bel endroit, le perron nous accueille, le péristyle, pour l'occasion, s'est paré d'un éclat, clin d'oeil.  28MM est la focale, grand angle utilisé par le photographe,  pour capturer les portraits de gens,. En sortant de l'anonymat, ils sont invités à décliner leur identité, en direct, par l'ombre portée de leur regard sur le monde, le leur, le nôtre. En leur restituant une place affirmée dans la Cité, qu'ils contribuent à faire exister, cité, quartier,  favelas, trains, murs de la ville, JR humanise l'urbanité, rompt avec la foule anonyme, ravive le "vivre ensemble", ici où là bas, tout près ou très loin de nous. Il écrit: "Je l'ai choisi [le 28mm]pour réaliser des portraits de très près, pour sentir le souffle de ceux que je vais coller en grand format, pour que la proximité  physique transforme la prise de vue en une danse avec mes sujets."

Des favelas de Rio de Janeiro aux bidonvilles du Kenya, sur le mur Israel/Palestine   ou qu'il s'agisse des banlieues de Clichy-sous-bois, Montfermeil, les regards sont là, les yeux ralentissent nos  pas. Arrêt sur images de nos vies, de la marche du Monde.  "Tout est là..." Ils attirent notre attention, nous interpellent, nous interrogent. Ils nous voient, nous, spectateurs, devenus les anonymes, non identifiés. Ancrés dans leur histoire, sur leur territoire, le temps d'un affichage géant sur les murs de leur ville, connus, reconnus, leur empreinte dans les yeux des passants, figure l'altérité, le temps que  l'érosion climatique laisse place à la paroi nue, en attendant d'autres traces, photos, graffitis, encoches géologiques, signes indicibles, illisibles. 

 

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Je suis allée deux fois à cette exposition, fascinée par cette démarche, que je ressens comme généreuse. Ranimer la subjectivation, la place singulière  de chacun, arrimé à l'ancre du port de leur quotidienneté, entremêlée de peines, de joies, de souvenirs, d'émotions, de gestes de tous les jours.

 

Lors de cette exposition, un film étonnant, touchant,  déroule le travail collectif de ceux qui posent, qui témoignent, ceux qui collent  et décollent. Parfois dans des zones de non droit , à la limite de la légalité, dérivant sur les murs de pierre des ponts parisiens, sur les wagons des trains, sur les bâtiments industriels...la ville sourit, fait des clins d'oeil, nous dévisage , arbore un air grave, fier, ou hilarant , parfois un seul oeil...

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Autre projet de JR, the wrinkles of the city, à Shangai ou à LA. ,  des  habitants. racontent leurs rides comme sillons de la mémoire de leur vie.

 

Projet à suivre Insideout, nous étions invités à se faire photographier en NB, un portrait photomaton, imprimé sur une affiche grand format, à coller sur nos murs-mures. Quelque part dans la ville, mon regard vous accompagne...

 

LN

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 14:07

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En avant-première, je suis allée voir Louise Wimmer, premier long métrage de fiction de Cyril  Mennegun. Déjà encensé par les critiques, le film est porté par l'actrice Corinne Masiero. Je l'avais remarquée dans  une série de quatre téléfilms, réalisés par Josée Dayan, adaptés des policiers de Fred Vargas. Corinne Masiero campait le personnage d'une femme lieutenant, grande, moche, rustre, à l'intuition aiguisée, économe de mots, quelques phrases sans concession, jetées à la figure de ses collègues. Impressionnante, furtive, mais d'une présence impitoyable.


Dans Louise Wimmer, l'actrice se révèle, sans discours, sans excès. Elle joue le personnage d'une  femme de 50 ans , femme de ménage, qui dans l'attente désespérée d'un logement, vit, dort dans sa voiture. Sans sensiblerie, sans résignation, sans message larmoyant, le film nous parle des pics d'espoir, de courage mais aussi des creux du soir, remplis de larmes, de cris étouffés, de rage pour survivre. Digne, affirmant sa volonté d'affronter sa vie, elle ne cède pas à la pitié des uns et des autres.


 

La voix éraillée de Nina Simone, se ule présence dans cette voiture, accompagne Louise, l'égare, la réveille, l'agace, la submerge. Comme un  miroir, cette musique intérieure la renvoie à sa force, son  énergie. 


 

La solidarité est un élément important du film qui contient,  soutient Louise, l'empêche de  sombrer totalement. Incarnée par les gens du quartier, la solidarité émane aussi de Louise elle même, avec sa jeune collègue.  

Dans cette chronique sociale, apparaissent deux figures d'assistantes sociales: l'une, "ancienne", semble saturée, sous un vernis moralisateur. La seconde, qui démarre dans le métier, fraîche, résonne à la dignité de Louise,  sans poser de questions...Ces deux professionnelles représentent  les deux extrêmes du curseur de l'aide sociale, dans une vision  réductrice. 

 

Les critiques font un parallèle avec le film "Une vie meilleure" de Cédric  Kahn, avec Guillaume Canet, Leila Bekhti,  qui sort également aujourd'hui. Il s'agit du récit d'une chute , d'une ambition brisée, où la survie devient la règle pour le couple, l'enfant. Actuellement au cinéma les chroniques sociales font la une...


LN

 

 

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 10:35

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Dans ma déambulation  d'expositions parisiennes, me voilà à celle de Giacometti et les Étrusques. L'exposition a lieu  à la  Pinacothèque, place de la Madeleine, à Paris. Sont  présentées  une trentaine de sculptures de Giacometti en dialogue avec  environ 150 pièces  de la civilisation Étrusque.  Civilisation Antique située en Italie, Giacometti découvre leurs statuettes au Louvre, en 1955. Véritable choc et tournant dans sa création, il se rend en Toscane, territoire de cette civilisation, qui repose sur une économie d’hommes de la mer ; peuple de pirates selon les Grecs qui les considéraient comme leurs principaux rivaux. Cette civilisation encore étrange et mystérieuse est l’une des plus brillantes avant Rome. 

Les éléments Étrusques présentés sont des urnes funéraires, quelques bijoux, des vases, des amphores, des statues. Ces miniatures, si on les regarde bien, sont ornées de fines ciselures pour souligner les yeux, le drapé, le sourire...


Ces figures longilignes, parfois pas plus hautes que 5cm, sont confrontées à  celles de Giacometti, élancées, fines, puissantes, très émaciées. C'est L'ombre du soir, figure emblématique du monde Étrusque, qui sera l'une des révélations, des clefs de la voie créative que Giacometti va emprunter.

 

Cette exposition donne une autre lecture de l'oeuvre du sculpteur, met en relief la grâce des  Femmes de Venise, de L'homme qui marche.

La sculpture qui me fascine le plus est celle de trois  hommes qui marchent sur le même socle, la même terre, ensemble dans le mouvement, mais séparés par les trois directions opposées. J'y ressens une très belle et puissante représentation de la solitude existentielle de l'homme, chevillée aux liens avec les autres.  Être avec les autres et avec soi même, l'équilibre fragile à tenir... 

 

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J'ai découvert  que Giacometti copiait les reproductions , directement sur les pages des livres d'Art. Devenues pièces de sa collection, ces livres ont acquis une valeur, même pour des croquis peu élaborés. Pour lui comme pour Antoine Bourdelle, le dessin est la genèse  du travail de l'artiste, sculpteur ou peintre...

A vos crayons

Bonne visite

LN

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 00:00

"J'ai parcouru de l'espace, du temps et de l'esprit, la fuite éperdue des paysages s'est ajoutée à la fuite incessante des jours."

Antoine Bourdelle, sculpteur, poète.


Je suis allée  au Musée Bourdelle, lieu insolite près de Montparnasse, voir l'exposition des dessins de l'artiste, « la part essentielle du dessin dans [sa] vie d'artiste », selon ses propres mots. 

 

A l'entrée une cour centrale, à ciel ouvert, accueille plusieurs sculptures, dans un jardinet coquet. Sous les arcades, les bronzes se succèdent. J'imagine la lumière venant iriser les volumes, les formes, les détails. Aujourd'hui la luminosité est opaque, grisâtre, sourde. Je pense revenir un jour de lumière, pour croquer ces sculptures, cette architecture, cette atmosphère, tranquille, décalée du brouillage urbain.

 

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Les quelques deux cent  dessins sont magnifiques, ordonnés selon des thématiques: nus, figures mythologiques, dessins érotiques... La plupart sont exécutés à l'encre. Finesse du trait , étude pour sculptures, légèreté subtile de couleurs aquarellées.

 

 

 


Nous avons poursuivi la visite, par les   sculptures de Bourdelle, dont un des motifs récurrents est Beethoven. D'autres têtes, parfois en série, sont disposées sur des socles dont l'originalité ne m'a pas échappée. Bourdelle considérait le socle, non pas comme un simple support , mais  intégré, soutenant l'expression des visages, soulignant un certain rapport à l'espace. L'un des socles est constitué de deux triangles inversés en harmonie avec le visage émacié du personnage représenté. émotion dévoilée des visages.


En 1909 Bourdelle ouvre un cours à l'Académie de la Grande Chaumière. .Il consacre durant 20 ans  toute son énergie à son atelier de  sculpture, l'un des plus dynamiques et les plus fréquentés par les élèves. Parmi ses élèves Giacometti, exposé aussi actuellement à la pinacothèque "Giacometti et les Étrusques".Très impliqué, reconnu dans ses qualités exceptionnelles de pédagogue, il prône un enseignement non conventionnel.  " Il fait du doute une vertu, l'incertitude seule étant susceptible de mener au savoir. Il engage ses élèves à s'affranchir de ce qu'ils ont appris pour développer leur épanouissement personnel.

Il dit "  N'écoutez d'autres voix que celle qui, du dedans de vous, vous dicte vos pensées. Allez à la rencontre d'elle." Cours et Leçons à l'Académie de la Grande Chaumière, Antoine Bourdelle, Paris-Musées/Éditions des cendres, 2007.

 


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Il réalise les bas reliefs et  les frises peintes aux sujets d'inspiration mythologique du Théâtre des Champs-Elysées.  Bourdelle réalise alors son idéal d'un art structural, dans lequel le décor est soumis aux lois de l'architecture.


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Bonne visite

LN

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 00:00

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Je reviens de l'avant-première du film, Bruegel- le Moulin et la croix, un exercice de style, un objet non identifié du 7ème art. Le film plonge littéralement le spectateur dans le tableau, Le Portement de la Croix, achevé en 1564, chef d'oeuvre de Pieter Bruegel l'Ancien. Il est nommé Bruegel l'Ancien, pour le distinguer de ses deux fils, peintres eux aussi.

 

Le cinéma l'Arlequin a du ouvrir une deuxième salle pour que tous les spectateurs puissent rentrer. Conviée à cette première, j'avais exploré sur le web queqlues éléments sur le tableau, le film et j'étais très impatiente de découvrir  cette curiosité. Je fus étonnée de voir le monde se presser, un Lundi 26 décembre,  pour ce film a-typique. 

L'ambition de ce film, très réussi, est d'inviter le spectateur à prendre place dans le tableau, à en faire le tour, vivre les situations dépeintes, à rendre vivant l'oeuvre de Bruegel, à être témoin des fragments de la vie rurale en Flandres, pendant l'occupation espagnole.


Chaque plan cinématographique est un détail du tableau, qui s'anime. La composition est restituée très fidèlement.  Dès la première image,  je me suis laissée emporter par cette  série de  scènettes de la vie paysanne. Les histoires des villageois s'entrelacent dans de vastes paysages de collines verdoyantes.  Cette douceur bucolique est continuellement entravée par la cruauté des soldats rouges espagnols, qui pourchassent, tuent, torturent. Les  enfants jouent tandis que les soldats mettent à mort un garçon des champs. Bruegel s'appuie sur les symboles de la crucifixion du Christ, pour dénoncer l'inquisition  espagnole, le bafouement du peuple. Il dépeint  la passion du Christ, la procession au mont  Golgotha., figure l'envahisseur qui sème le  chaos, plonge le pays dans l'obscurité, le sang, la mort.

La lumière, les tonalités sont d'une beauté à couper le souffle. Les sons proviennent essentiellement de tâches  quotidiennes: la hache qui scie l'arbre, le corbeau avide, les rires des enfants qui jouent,  le troubadour  jouant de son instrument, le pain que la mère rompt, le moulin qui grince...  

 

Je suis  fascinée par ce moulin, perché sur ce  rocher qui touche le ciel. Le Meunier semble remplacer la figure divine, mise à mort. Gardien du ciel, le meunier rythme le temps, l'arrête, le suspend, réanime le vivant au rythme de la fabrication du pain, source de vie, bénédiction des hommes.  Ce moulin existait-il du temps de Bruegel ou est-ce une métaphore, née de son imaginaire?

 

Si vous aimez la peinture, le cinéma  d'art, celui qui nous invite à renoncer à  nos repères, si vous aimez être surpris, au risque de l'ennui, je vous engage à tenter cette expérience.  Je pense que c'est une aventure cinématographique encore  unique. Les films sur les peintres empruntent généralement les chemins biographiques, historiques ou déplient les  rétrospectives des oeuvres de l'artiste, resituant les auteurs dans leur époque. Là, le réalisateur nous invite à une lecture de ce tableau, à la découverte du foisonnement des détails. 

 

L'ambiance particulière de l'évènement a aiguisé les dialogues entre les spectateurs dans l'attente que la séance commence. Assise à côté d'un cinéphile, nous avons échangé nos critiques sur la filmographie de 2011. Je l'ai convaincu d'aller voir Melancholia, il m'a engagé à voir le dernier Scorsese...

Après le film, le cinéma nous a convié à boire une coupe de champagne, accompagnée de petits fours. Elle est pas belle la vie, un soir, froid de décembre!

 

 

 

 

Je trouve ces images magnifiques

LN

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Published by tanamo - dans Culture
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  • : Au gré de mes états d'âme j'écris des nouvelles en épisode, des haïkus, des phrasés. J'expose mes tableaux, je vous fais partager mes impression sur les films, les expositions, les livres et j'organise des concours de jeux d'écriture, tout ceci sur fond musical. partage de la musique
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