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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 09:18

 

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Il y a 15 mois, j’ai mis mes pieds dans des chaussures ailées, alliées… des Mitzuno.

Je ne pensais pas que cela m’amènerait à ce qui va suivre.

Mitzuno, joli nom qui m’évoque les personnages de dessin animé de Hayao Miyazaki, une touche de magie enfantine où tout est possible. L’illusion d’avoir un moteur dans ses baskets. Je les chausse et instantanément je saurai courir, une joggeuse confirmée, moi qui suis par ailleurs dans une pratique sportive très régulière, de longue date.

Courir c’est aussi partager avec mon amour-coach un corps à corps, dans le souffle, la sueur, l’effort, et le plaisir du réconfort. Pulsée par une énergie tandem, propulsée vers l’horizon, accordant mes foulées au rythme des siennes, puis tapant la mesure sans métronome je retrouve son La.

 Extraite des mouvements d’alentour, les yeux rivés sur le déroulé du sol, mon unique point de fixité, je redeviens un élément de la Terre. L’esprit dans les talons, la pensée s’arrime à mon souffle.

 

Le Souffle, je l’ai trituré, cherché, interrogé son mécanisme. J’ai expérimenté 2 inspirations pour 3 expirations. Puis 2 sur 2, revenue à 2 sur 3, me voilà stabilisée sur 2/2. « La respiration ça se fait tout seul, n’y pense pas… » . Mais je ne fais que ça d’y penser. Je sue, je m’essouffle. Je me concentre. « Normalement on doit pouvoir parler en courant… » . Une fois, une seulement, j’ai testé. Je me suis donc mise à parler toute seule pendant mon entrainement, en solitaire… sur quelques pas. Ridicule, je me suis sentie. La rencontre avec mon souffle m’a convaincue d’arrêter de fumer, soutenue par une décision tandémique… Jusqu’ici tout va bien. Devenue addict au sport pour combler le manque…

 

20 minutes, puis 30, 40, parfois 1H05. Mes progrès sont laborieux, en décalage de mes efforts. Quelle énergie dépensée. A chaque tour, en aquaboniste, l’idée de l’abandon s’immisçait sur mon inspiration, expulsée après quelques expirations.

J’ai pu penser que je n’étais pas faite pour la course. Des progrès trop lents, le sentiment de stagner, régresser. Puis un palier atteint me détourne de l’abandon: mes foulées s’améliorent, plus toniques, mon souffle se stabilise. Je suis toujours couleur tomate à l’arrivée, mais je récupère plus vite.

 

Coachée, bichonnée, encouragée, j’ai donc participé à la course La Parisienne de 6,6 kms. Seule parmi 28 000 participantes, pour le 15ème anniversaire de cette course au profit de la recherche pour le Cancer du sein. Un circuit entre le pont d’Iéna et le Champ de mars.

Après 2 heures d’attente où notre vague s’écume de rage, nos corps refroidis par la pluie qui a aussi attendu 2 heures avant de s’ébrouer, nous nous échauffons. Courir contre vents et marées. La pluie s’égrène sur mes bras et mes jambes nus, je me pousse contre le vent qui me repousse. Je me réchauffe. Je cours sans penser, m’abreuvant de Paris qui défile. Sur les cotés des cordons de silhouettes souriantes, scandent des encouragements, des prénoms, des « Allez les filles ». Des enfants, sous leur parapluie, érigent fièrement des banderoles « Bravo maman ».

Je cherche de temps en temps mon amour, une casquette sous la pluie… Trop de monde. Je décide d’attraper au vol  tous ces encouragements et les rythmes des fanfares qui me boostent.

 

3 km. Déception. La distance parcourue ne représente que la moitié du parcours. Soigner sa monture. Ne pas m’emballer. Je repère une joggeuse juste devant moi, depuis un moment, même rythme, elle devient mon point de repère. Je ralentis pour m’assurer de tenir, finir la course. Déjà certaines troquent la course contre la marche.

Je transporte toujours mes personnages internes qui me chuchotent, me guident, me rassurent selon les situations. Et là j’entends sa voix « Allez tire sur tes muscles, allonge tes foulées… ».

 

Ravitaillement. Un verre d’eau, je le prends inutilement. Il faut choisir, boire ou courir. Une montée à la sortie du pont de l’Alma. J’accélère : la technique du crapaud et de la grenouille pour ne pas se laisser absorber par le sol. Décoller pour ne pas caler. En un éclair passe la princesse Diana. 4 km. Un virage, la courbe relance mon élan. J’aperçois le pont, le Trocadéro, le Champ de mars. 5 km. J’alterne un ralentissement pour être sure de finir le parcours, puis j’accélère pour arriver plus vite. Le portique de l’arrivée se profile, je mets le turbo. En surchauffe, dans un dernier effort, je franchis la ligne en levant les bras au ciel, exultant de joie, puis je suis le mouvement... en marchant.

41 minutes et 34 secondes

Ce dimanche 11 septembre, comme dit Charlie, une course pour la vie contre la barbarie de la mort

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Published by tanamo - dans Culture
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commentaires

l'agnès masquée 15/09/2011 22:28



bravo ! chapeau même !!


(le tshirt est joli)


 



tanamo 16/09/2011 09:27



Merci. Plus qu'à pousuivre mon addiction sportive et je retrouve mon souffle . OUF



Dom 15/09/2011 17:40



Félicitations (encore une fois ;-)


J'ai essayé également la course (motivée par Fred), j ai adoré...un moment de liberté!


On fait la course toutes ensemble l'année prochaine!



tanamo 16/09/2011 09:26



Moment de liberté et trsè intense d'effort...12 mois pour se préparer



Charlie 15/09/2011 12:33



Toutes mes félicitations, non seulement pour le chrono final, mais aussi pour ces 15 mois d'entraînement. Je confirme, la débutante est belle et bien "débrouillée" !
:)



tanamo 16/09/2011 09:25



En route pour être confirmée.



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  • : Au gré de mes états d'âme j'écris des nouvelles en épisode, des haïkus, des phrasés. J'expose mes tableaux, je vous fais partager mes impression sur les films, les expositions, les livres et j'organise des concours de jeux d'écriture, tout ceci sur fond musical. partage de la musique
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