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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 17:26

040822munch-le-cri n

Je n’en peux plus, je pleure des larmes de feu, je crache ma douleur. Tenace, elle me ronge, je la rage, elle résiste. Je me bats contre mon  corps, qui me soumet aux écorchures sensorielles,  imprévisibles. Je me contracte, la tension s’accentue, je tente d’adopter une respiration large.

Je pensais en avoir fini avec cette expérience. En rentrant de ce deuxième rendez-vous,   je ressentis la douceur, après la douleur. Soulagée, libérée de mes  atermoiements inquiétants, furtifs, obscurs, opaques.  Court répit.

Ils ont fini leur boulot,  je suis donc seule face à moi-même. La douleur revient subrepticement,  chuchote puis me vocifère que je ne suis pas maître à bord. Réveillée ce matin par un élancement dans l’oreille, les larmes ont jailli naturellement, un cri primal m’a fait bondir. J’ai arpenté, piétiné, frappé. J’ai repris la main : codéine, opium, elle a finit par s’évanouir. Mais j’ai manqué de prudence. La douleur aime les extrêmes, la chaleur du café brûlant l’a ranimée.


Je suis seule dans la maison. Personne, le silence et ma hargne intérieure...Mon chat, seul  témoin de mon effondrement, se tient proche, se cale contre moi. « Mission secrète. N’embarquez pas vos proches dans vos interrogations. Vous êtes seule. Nous le saurons, vous risqueriez de tout perdre. Vous êtes  sur le bon chemin, patientez ».

La douleur ne se partage pas, elle fractionne, sépare, isole. Trop intime la douleur, il est indécent  de la montrer, de la nommer. Mon corps a pris le pouvoir sur ma pensée,  il m’échappe. Je dois reprendre les rennes : continuer à apprivoiser la douleur. Eux savent qu’elle va s’éteindre quand j’aurai acté ma transformation.


J’observe dans le miroir le fond de ma gorge. Invisible, je la sens derrière le voile du palais, une minuscule tache bleue, témoin de leur intervention. Ils m’ont choisi pour ma détermination, mon éthique, mon sens des règles du secret absolu.  La BDI, Banque de données individuelles, me compte parmi les 52 premiers porteurs expérimentaux, choisis parmi les juristes. « Lutter contre la circulation anarchique des informations. L’individu doit reprendre le contrôle sur ses données privées. » Je n’ai pas eu le choix.


  Je décide de ne pas lutter, de ne plus m’arcbouter contre mon impuissance. Le silence matinal m’invite à la somnolence, à m’abandonner dans les limbes de mon inconscient.

Angus,   ronronnant, semble avoir déjà pris le chemin du retrait.  La pluie froisse les vitres, clique à ma fenêtre.  Je m’endors en écoutant Camille…


  LN

 

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Published by tanamo - dans Ecriture
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commentaires

kranzler 26/02/2011 22:51







tanamo 27/02/2011 15:52



un message sans mot....



capau100 26/02/2011 08:23



Ln pas de chaud mais du froid pour son pouvoir anesthesiant ........tu as une sacré dose de courage........la douleur faut il vraiment la cacher ? la
taire? je ne crois pas il faut l'exterioriser la combattre avec les armes mis à notre disposition bon courage bsx



tanamo 26/02/2011 09:18



Même le froid est hard. mais je l'aurai, je l'aurai cette douleur...



l'agnès masquée 25/02/2011 19:14



je ne sais pas pourquoi mais j'en étais sûre à la lecture des 1ères lignes !! (ou je suis vraiment folle ou c'est de la déformation pro)...en tout cas bien joué ; )


 



tanamo 25/02/2011 22:31



La suite sera dans les coulisses...



assistantesociale 25/02/2011 18:00



ENCORE !!



tanamo 25/02/2011 22:31



A la demande générale et vu les circonstances un épilogue s'imposait...



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  • : Au gré de mes états d'âme j'écris des nouvelles en épisode, des haïkus, des phrasés. J'expose mes tableaux, je vous fais partager mes impression sur les films, les expositions, les livres et j'organise des concours de jeux d'écriture, tout ceci sur fond musical. partage de la musique
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