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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 12:18

« Vivre est le plus beau tableau, le reste n’est que peinture » Van Dongen, 1927


Sous le soleil de ce vendredi, je suis le vent frais jusqu’au Musée d’Art Moderne où se déroule l’exposition du peintre hollandais, Van Dongen (1877-1968), Fauve, anarchiste, mondain. Je me souviens de ses portraits de femmes où le rouge côtoie le vert, où les couleurs explosent. La mémoire de ses tableaux m’aventure sur des souvenirs de figures aux traits épais dont je ne sais plus quelles expressions elles  témoignaient.

J’arrive en même temps qu’un groupe d’enfants. Alors qu’ils font  un seating à l’entrée  je me hâte de les semer en prenant de l’avance. Les groupes, le bruit, les commentaires bruyants dans une exposition, comme au cinéma, c’est Sartrien « L’enfer c’est les autres ».

Dans la première salle deux petits tableaux magnifiques de 1895 : le bord d’un canal à Delfshaven, où a  grandi le peintre. Ces deux tableaux ne figurent sur aucun catalogue, ni carte postale. Trop classique sans doute et non représentatifs de l’âme de Van Dongen. 

 « Les meules », la même année est étonnante. Le ciel, aux nuages teintés d’une touche épaisse, appliquée au couteau, blanche et translucide,  envahit toute la toile. Une fine bande, en bas figure les meules de foin.

Puis vers 1907, Van Dongen opère des changements soudains et successifs. Associé au Fauves, une fois installé au Bateau-lavoir, il fréquente  De Vlaminck, Derain, Matisse. Il se présente comme « un nègre blanc » soulignant le caractère primitif de son travail dans les portraits et les nus de 1907-1911.

Un tableau m’a captivé, celui des « Lutteuses » au cabaret de Tabarin, à Pigalle. Il fait écho aux « Demoiselles d’Avignon » de Picasso. Il s’agit d’un groupe de femmes musclées, en maillot moulant, dans une dominante rouge, déclinée du rose à l’orange.


 Puis s’ensuit des portraits que je ressens vulgaires ou plutôt grossiers. Les traits sont épais, noirs, les tons froids, la peau très blanche, une atmosphère pesante, des regards hautains, quelque chose de cru mais sans ferveur animale ou sensuelle. Une sorte de désespérance. Je ne sais pas bien qualifier les œuvres de cette période. Puis une merveille « Lucie », les tons se font chauds, sur son corps moiré, un sourire, une fleur dans les cheveux, une vitalité affirmée.

 

Vers 1910-11 il séjourne en Espagne, puis en Orient, Maroc, Tunisie, Égypte. Je me régale, fervente  de tout ce qui a trait au Maghreb : paysages, couleurs, désert, minaret, céramique…Je ne sais pas d’où me vient cette attirance pour ces pays. Je me laisse absorber par  « Les fellahs le long du Nil » et mon tableau préféré :

Van dongen1

      «  Femme arabe »(1910). Sur fond Bleu de Prusse, un     portrait de femme, « un corps-couleur », le maquillage gagne le corps dans une lumière chatoyante. La reproduction est approximative dans les tons, beaucoup plus clairs et chatoyants...

    

 

 

    Bonne visite

     LN

 

 

 

 

 

 

 


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Published by tanamo - dans Culture
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commentaires

Lecteur-sur-le-net 15/05/2011 12:35



Merci pour cet article très vivant qui donne envie de redécouvrir Van Dongen.



tanamo 15/05/2011 21:39



Bonne expo alors



agnes 14/05/2011 16:40



quel bon guide !! ça donne envie d'aller admirer sur place...



tanamo 15/05/2011 21:40



Une occasion de virée parisienne...



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