Culture

Lundi 25 mars 2013 1 25 /03 /Mars /2013 08:00

 

Je m'allongerai sous tes paupières. Lorsque tu les baisseras pour t'endormir, je lancerai de l'or dans ton sommeil. De l'or et des songes pareils à des nuages.

 


Christian BOBIN

La présence pure

 

 

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Je n'ai pas réussi à trouver l'auteur de cette sculpture....
LN

Par tanamo - Publié dans : Culture - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Jeudi 21 mars 2013 4 21 /03 /Mars /2013 18:40

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Ma vie sans moi est un film espagnol/canadien réalisé par Isabel Coixet en 2003, acclamé par la critique à sa sortie. La réalisatrice dépeint dans ses films des femmes ordinaires, confrontées aux aléas de la vie.


J'ai eu la chance, l'intuition de regarder ce film sur Arte, hier soir, et je ne peux m'empêcher de vous en dire quelques mots, tant je  sens que ce film me laissera  une empreinte  de vitalité. J'en suis sortie émue,  émotions mêlées de tristesse et d'énergie créative.


Une jeune femme de 24 ans, mère de deux  fillettes, à  sa mort annoncée, va reprendre sa vie en main. Lister les choses à faire avant de disparaître. Son rapport au temps, à soi, au monde se transforme, la menant à l'essence -tiel...


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Une très belle interprétation pour tous les acteurs, notamment pour l'actrice Sarah Polley, qui depuis a poursuivi une carrière de réalisatrice.   La composition qui alterne les scènes réalistes et des moments subjectifs saisit avec finesse la fragilité de l'existence, souligne ce mouvement d'équilibriste sur le fil ténu de notre vie. L'histoire n'est jamais envisagée sous l'angle du pathos, ni même du mélo. La simplicité des situations, la subtilité des gestes, des attitudes, les relations entre des êtres qui s'aiment, l'effleurement de la complexité de chacun, avec ses questions intérieures, déployées en secret , cette vibration est dépliée comme une ode à la vie. Ce film sobre est d'une "intelligence au coeur des sentiments", une mise en sens  poétique de l'existence.

 

Un film à (re)découvrir ...

 

LN


 Et une musique ....

 

Par tanamo - Publié dans : Culture - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Mardi 19 mars 2013 2 19 /03 /Mars /2013 18:15

 

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Je viens de finir le premier livre de Carole Martinez, Le coeur cousu. Auteure française, elle s'est inspirée de l’histoire de ses propres ancêtres. Trois jours d'une lecture vivifiante, étonnante.  Une saga familiale, dont Soledad,  nous   conte  l'histoire, pour  s'en libérer.  Soledad, benjamine dont le prénom de solitude déterminera sa vie.

   "A ma naissance, ma mère a lu ma solitude à venir".


Le récit est une fresque espagnole du XIXe siècle, où entre    les lignes de la trame tissée, nous suivons le voyage de Frasquita, mère, épouse, amante, forte et blessée, lumineuse ou assombrie. Elle est le fuseau autour duquel se tresse l'histoire. Couturière aux doigts magiques, Frasquita coud les robes, mais aussi les chairs et les corps blessés des hommes, avec une agilité divine. 


   " Mon nom est Frasquita Carasco. Mon âme est une aiguille. Tes feuilles lancées au désert, les voici réunies, reliées dans un livre que tu pourras refermer à jamais sur mon histoire. Soledad, ma fille, sens ce vent sur ton visage. C'est  mon baiser. Celui que jamais je ne t'ai donné."


Magicienne, sorcière, elle poursuit sa route, en errance, entourée de ses enfants, soudés les uns aux autres:  "[...]leur âme brodée au passé, traversée par la lignée, emplie d'un réseau compliqué de mailles bouclées et tortillées se succédant rang par rang."


Une histoire de femmes, avec leurs mystères, leurs secrets, leurs superstitions, leurs souffrances, leur force et leur désir dans une Espagne colorée, mais où sourde la révolution, où la pauvreté du Sud souffle sur les plaines du désert.

 

"Depuis le premier soir et le premier matin, depuis la Genèse et le début des livres, le masculin couche avec l'Histoire. Mais il est d'autres récits. Des récits souterrains transmis dans le secret des femmes, des contes enfouis dans l'oreille des filles, sucés avec le lait, des paroles bues aux lèvres des mères. Rien n'est plus fascinant que cette magie apprise avec le sang, avec les règles. Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines."


Construit en une succession de chapitres courts, le style est d'une grande qualité littéraire. La richesse du vocabulaire, la sonorité musicale, l'inclinaison pour la métaphore, l'allégorie, forment une symphonie métissée de  mouvements épiques, tragiques, de chants funèbres, d'hymnes à l'amour. Comme si le réel,  si cruel qu'il soit, puisse être  sublimé par  la beauté des mots.


Je vous invite à vous laisser saisir par cette épopée familiale touchante, cette quête de l’identité féminine et politique dans l’Europe méditerranéenne du XIXe siècle.

 

LN

 


Par tanamo - Publié dans : Culture - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Samedi 16 mars 2013 6 16 /03 /Mars /2013 12:50

L'écume des  jours, s'anime. Un des romans les  plus connus de Boris Vian,  il est adapté au  cinéma par Michel Gondry, sortira en salle le 24 avril, avec dans  les deux rôles principaux , Romain Duris et Audrey Tautou.


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    Lue  durant mon adolescence, cette  oeuvre est particulièrement    sensible quand  la question amoureuse flirte passionnément avec les vibrations de nos corps-esprits, ébranlés par tant de changements. Je l'ai relue aujourd'hui avec autant de plaisir; dès l'écoute du titre, sa sonorité, sa sensualité, je suis chavirée  par la poésie de Vian.


          Le roman est publié en 1947, période d’après-guerre. Malgré le soutien de Jean-Paul Sartre et de Raymond Queneau, ce roman ne connaîtra aucun succès de son vivant. Il retrace la rencontre amoureuse entre Colin et Chloé. Les personnages évoluent dans un univers poétique et déroutant, avec pour thèmes centraux l’amour, la maladie, la mort, dans une envoûtante atmosphère de musique de jazz.

 

Vian introduit son œuvre comme « vraie puisque imaginée ». Il s'oppose aux écrivains réalistes et opère une rupture radicale avec le roman traditionnel. Les personnages ne sont  pas placés dans un cadre spatio-temporel précis, il n’y a aucune datation, aucun détail quant à la précision du lieu.  Au premier abord, le cadre paraît familier et Boris Vian fait de ses  personnages, des individus "dans la norme", à qui tout le monde peut s'identifier. Sa poésie, son imaginaire va transformer cet environnement banal en un univers onirique, fantastique. La magie de son écriture réside dans la fantaisie surréaliste, brodée au réel, où les frontières entre l' imaginaire et la réalité disparaissent.


Vian pose la question de l'absurdité du monde,  portée  à l'époque,  par les philosophes existentialistes, dont la figure de proue est Jean-Paul Sartre. Un des personnages centraux  Chick, le meilleur ami de Colin, passionné et fou de la philosophie de Jean-Sol Partre, même s'il n'en comprend rien, figure une critique de la société superficielle marquée par un vide existentiel. En effet, Chick accumule les oeuvres de son auteur fétiche mais ne le lit pas. Colin, personnage particulièrement banal, indéfini qui « possède une fortune suffisante pour vivre convenablement sans travailler pour les autres », évolue dans une existence superficielle, vide. Sa vie  va brutalement prendre sens avec la maladie de Chloé, face à laquelle Colin va devoir se frotter au réel, notamment travailler.

 

Les procédés d'écriture chez Vian m'enthousiasment : il personnifie des objets, comme l'étagère de la salle de bains, le peigne  « le peigne divisa », la carafe  " une carafe en profita pour émettre un son cristallin qui se répercuta sur les murs". Il recourt avec subtilité à l'anthropomorphisme avec le tapis qui se met à baver. Les allusions au conte sont aussi présents avec une référence à Blanche-Neige, « les comédons se voyant si laids (/si beaux) dans ce miroir ».Il utilise des métaphores où l'écriture est plus importante que le sens  « en longs filets orange pareils aux sillons que le gai laboureur trace à l’aide d’une fourchette dans de la confiture d’abricots ». Très belle phrase, comme un tableau de Van Gogh...


Mais la fantaisie, le merveilleux, cette vision loufoque, décalée,  se heurte à la réalité inéluctable...


Nous n'en aurons jamais fini avec notre essence- et sens de l'existence...

Alors tentons de vivre "ici et maintenant" !


Bonne journée de week end

LN

Par tanamo - Publié dans : Culture - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Mardi 12 mars 2013 2 12 /03 /Mars /2013 19:00

 

Un matin, première levée,  j'eus l'impatience de  savourer un moment de lecture dominicale, au lit, avec  à portée de main, un café. Mais il me manquait le livre. En circulant autour de  la petite bibliothèque remplie de poches, j'attrapais  L'arrache-coeur de B.Vian, qui depuis longtemps m'intrigue par son titre. L'arrache coeur, l'attrape-coeurs...Confusion sonore, bien sûr sans rapport l'un l'autre. A l'aube de mes 15 ans, L'attrape-coeurs de Salinger, objet de dévotion de mes aînés,  m' a profondément ennuyé. Secret gardé. Le livre culte se doit d'être reconnu par tous, au risque de ne pas être à la hauteur des initiés.

 

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 Édition vieillotte mais c'est celle que j'ai lu

 

L'arrache coeur est le dernier livre de Vian, publié en 1953,  premier tome d'une trilogie qui n'a jamais vu le jour.  Vian renoncera à l'écriture, suite à l'insuccès de son roman.


L'univers insolite, fantasque et sombre met en scène une  histoire improbable.  Jacquemort, psychiatre, "tout neuf" est sans passé, ni mémoire, n'ayant pour seul bagage qu'une notice indiquant « Psychiatre. Vide. A remplir. ». Figure très pertinente du psychanalyste qui doit être "sans  désir, sans attente et sans compréhension" selon W.Bion, psychanalyste anglais. Jacquemort vient dans ce village, à la recherche de gens à psychanalyser, pour se remplir, exister. Il tentera de convaincre la bonne, Culblanc, en vain. Elle lui dévoilera ses formes charnelles mais dans un mutisme total. Ce récit  surréaliste qui, néanmoins se déroule dans un environnement familier, un village, une famille, bouleverse nos repères. Les vieux sont vendus à la foire, les enfants travaillent et meurent dans l'indifférence générale. Le personnage central, Clémentine,  mère de "trumeaux", se révèle une figure maternelle terrifiante, obsessionnelle, dévorante, castratrice. 

   

 En détracteur  de toute morale, Vian mêle l'absurde, la poésie, l'émotion, nous ramenant toujours à la condition humaine, en démasquant les fantômes, les monstruosités. Subtilement, l'auteur insuffle de la psychanalyse,  imprègne la narration de références à l'inconscient, souligne le sens caché de mots, noms propres,  mots trans-formés, inventés, mots-valise. Vian instille sa poésie dans la description des paysages, de la nature aux teintes bucoliques, contrastant avec l'atmosphère mortifère et la cruauté des personnages. Ainsi on cueille des fleurs de "calamine" , en regardant les "maliettes" voleter dans le ciel. Les enfants volent grâce aux limaces bleues. Quand à Jacquemort, il finira par psychanalyser le chat, le videra de sa substance et adoptera ses allures félines. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire cette écriture riche, foisonnante, créative, métaphorique, comme j'aime!

 

Roman troublant, dérangeant, ce livre m'a laissé perplexe quand au récit, dont l'interprétation parfois vacille, le sens échappe.  En faisant le lien avec la biographie de l'auteur des zones s'éclaircissent, comme le rapport à sa mère étouffante, les questions existentielles. "On n'est libre que lorsqu'on a envie de rien, et un être parfaitement libre n'aurait envie de rien. C'est parce que je n'ai envie de rien que je me conclus libre. Mais non, dit Angel. Puisque vous avez envie d'avoir des envies, vous avez envie de quelque chose et tout cela est faux." Extrait L'arrache coeur, p 41.


 

L'arrache coeur se joue actuellement au théâtre Douze , 6 avenue Maurice Ravel , Paris du 21 mars au 21 avril 2013.

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Bientôt un autre volet de mon escapade vianesque...

LN

Par tanamo - Publié dans : Culture - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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